Il y a un an, la stratégie d'influence du Vlaams Belang provoquait une marée noire

Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang est celui qui a misé sur les réseau sociaux.
Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang est celui qui a misé sur les réseau sociaux. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Il y a près d’un an nous allions voter. Nous avons parlé de "marée noire", de tsunami politique. En une mandature, le Vlaams Belang est passé de 5,9% à 19% des votes. Comment ce parti d’extrême-droite a fini par s’imposer sur la scène politique ? Plusieurs raisons, mais sa stratégie d’influence sur le web est l’une d’entre elles.

Créer une communauté

En 2015, c’est une nouvelle génération qui prend les commandes du Vlaams Belang, avec l’arrivée à la tête du parti d’une nouvelle génération conduite par le président Tom Van Grieken. Et très vite ce dernier se dote d’un spécialiste de la communication digitale, Bart Claes, il est aujourd’hui député et il arrive alors avec un plan digital très établi.

En 2015, le parti est un "petit parti", peu de moyens à déployer. Alors ils vont adopter une méthode qui a fait ses preuves notamment au Royaume-Uni et aux Etats-Unis : investir les réseaux sociaux et crée une "communauté digitale". "Nous devions créer une communauté en ligne de personnes qui pourraient mener une campagne digitale en période électorale", explique Bart Claes.


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Cinq ans plus tard, on parle d’une communauté de 500.000 followers. Et cette communauté c’est un peu son armée. "Le Vlaams Belang ne les considère pas comme des récepteurs de son message, mais ce sont surtout pour lui des vecteurs de ses idées. C’est une communauté qu’il active pour partager son idéologie, une communauté qui va aussi spontanément défendre le parti, ce qui permet aussi d’exercer des pressions sur la toile, voire des intimidations sur des opposants à l’extrême droite", indique Basptise Hupin qui a mené l’enquête pour le magazine #Investigation.

Des moyens concentrés sur les réseaux sociaux

C’est aussi un parti qui a mis les moyens financiers pour accroître son influence sur les réseaux sociaux.

"Sur la période qui va du milieu de la campagne électorale à début mai de cette année, on parle tout de même de plus de 1.400.000 euros si on prend les publications payées sur la page Facebook du Vlaams Belang et pour le compte de son président. Cette somme, comme ça, isolée, elle ne dit pas grand-chose. C’est en la comparant à ce qu’ont dépensé les autres partis qu’elle prend tout son sens. Sur une période identique, le Vlaams Belang a dépensé à lui seul cinq fois plus d’argent que tous les partis francophones confondus sur Facebook", explique Baptiste Hupin.

Harcèlement et intimidation

En fait, la communauté crée par le Vlaams Belang agit pour intimider ceux et celles qui expriment leur désapprobation pour le parti. Le virologue star de la KULeuven, Marc Van Ranst, en a fait les frais.

"C’est un climat d’intimidation, c’est très insidieux, ce n’est pas exposé. On va d’ailleurs toujours le nier, mais c’est un fait. C’est une méthode systématique à laquelle le parti a réfléchi selon moi. Si vous n’êtes pas d’accord avec leur point de vue, vous serez intimidé de différentes façons", témoigne-t-il.