Horizon bouché au fédéral

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

A lire la presse, tant du nord du sud du pays, à entendre l’ensemble des partis politiques, Georges-Louis Bouchez fait l’unanimité. Contre lui. Il serait le yin et le yang de l’actuel blocage politique, celui qui ne veut pas de solution, si ce n’est la sienne. Et encore là-dessus, on n’est plus vraiment sûr.

Divergences

En fait, seule la peur du vide cristallise encore quelque peu la volonté d’action politique. Les sept négociateurs tentent de se chercher des points communs, les raisons d’une action commune. Malheureusement, cela ne fait pas une politique fédérale.

La négociation politique sous nos latitudes procède d’une alchimie particulière, faite à la fois de rapports de force, d’idéologie et de relations humaines.

Ici, les sept partis se reniflent toujours, se méfient réciproquement et le manque d’expérience des négociateurs handicape le processus général. Même s’il ne faut pas s’y tromper, nos actuels 640 jours [1] sans véritable gouvernement fédéral résultent bien plus d’un système institutionnel moribond que de réels blocages idéologiques ou relations interpersonnelles pourries.

Poker menteur

A entendre ses partenaires (sic), le président du MR se rend insupportable. En cas d’échec, il sera de bonne guerre de lui refiler le "valet puant " d’empêcheur d’accord en rond.

Il faut savoir conclure une négociation et chacun tend logiquement à maximiser ses gains et minimiser ses pertes. Chez les libéraux francophones, les lendemains s’annoncent compliqués depuis le début. Jamais le MR ne retrouvera 7 ministres fédéraux et une présidence d’assemblée, comme c’est le cas. Un véritable plan social attend le parti.

Pour les sept partenaires de la Quatre-Saisons (comme les quatre couleurs des familles politiques en discussion), il s’agit de marquer le putatif accord. Ce dernier reste en quête d’un hypothétique équilibre entre les attentes des uns et des autres aussi bien que d’un visage pour l’incarner au 16.

A présent, tous se sont trop avancés pour se permettre un échec. Mais Bart De Wever et les siens ont raison : constituer une majorité dont le seul programme serait d’être anti-N-VA ne suffit pas.

L’échéance du 1er octobre reste déterminante mais elle ne saurait constituer à elle seule un programme politique et la garantie d’une action politique fédérale que le pays attend depuis 640 jours.

@PhWalkowiak

 

[1] Depuis que le roi Philippe a accepté la démission du gouvernement Michel, soit le 21 décembre 2018.

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