Habitations vétustes, insalubres… Questions à la Une enquête sur les logements sociaux

Des logements incompatibles avec la dignité humaine, Hommad en fait les frais avec sa famille, tous les jours, depuis 20 ans. Ses murs sont noirs à cause de l’humidité persistante et son logement devient dangereux. "L'inspecteur m'a dit de ne pas rester une minute de plus ici. C'est très mauvais pour la santé." Et il n’est pas le seul. En Wallonie et à Bruxelles, près de 140.000 familles vivent dans des logements sociaux et parmi elles, 1 sur 3 survit dans des habitations qui ont des problèmes de salubrité et/ou de sécurité.

Un appel au secours

Frédéric, locataire social aux Marolles, à Bruxelles, est lui aussi, victime de cette injustice : "Au niveau sanitaire c’est un truc de fou". Depuis quelque temps, il n’a plus de baignoire pour se laver car toutes les eaux usées des étages supérieurs se déversent quotidiennement dans cette dernière. Il n’a pas non plus d’électricité, ou peu. Une situation indigne… qui lui coûte 630 euros par mois. De plus, le Foyer Bruxellois ne fait pas ce qu’il faut pour l’aider.

" Je suis dégoûté de moi-même, je ne peux plus. C’est invivable sauf qu’il faut vivre dedans "

De son côté, la SLRB (Société du Logement de Bruxelles-Capitale), l'institution qui chapeaute le Foyer Bruxellois, n’a pas constaté de dysfonctionnements dans ces logements sociaux. Selon Fabrice Cumps, administrateur délégué, ces "petits" dysfonctionnements chez Frédéric et Hommad ne sont pas de l’ordre de la SLRB qui ne contrôle que les gros dommages. " Quand on téléphone aux services d’aide, on nous dit : ‘Vous avez des logements sociaux et vous n’êtes jamais contents’", explique une autre locataire sociale. Le problème est donc conséquent: coincés dans un cercle vicieux, Frédéric et les autres ne peuvent quitter ces logements insalubres faute de moyens. Il suffit donc de passer la porte de chacun de ces logements pour comprendre que l’appel au secours est leur dernière solution.

L’attente interminable

Outre le problème sanitaire, 40.000 personnes sont sur les listes d’attente pour accéder à des logements sociaux en Wallonie, et ils sont autant à Bruxelles. Ainsi, l’espérance reste un point d’interrogation qui peut durer jusqu’à 4 ans en Wallonie et 8 ans à Bruxelles. Et ils risquent encore de devoir attendre un certain temps: en moyenne, les autorités bruxelloises et wallonnes construisent respectivement 100 et 90 logements par an.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK