Grève politique ou grève des politiques?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

L’échec du rapprochement des postes belge et néerlandaise ?  la faute au PS… les grèves dans les prisons ? la faute au PS,… les trains à l’arrêt ? la main obscure du socialisme wallon, les magistrats qui partent en grève pour la première fois depuis 1918 (et c’était contre l’occupant allemand qui consacrait l’indépendance de la Flandre) ?  le PS est responsable…

A quand le vase de Soissons, cette météo pourrie et les pluies de sauterelles ??

Grève politique

Bien entendu, le climat social actuel fait le jeu du Parti Socialiste, ou plutôt serait censé le faire et au boulevard de l’Empereur, ils doivent être plusieurs à sourire devant la contestation qui montre contre le gouvernement fédéral.

Dans les sondages, le PS plonge pourtant bien en-dessous de ses minima historiques, surtout en Wallonie. Dans les actions des derniers jours, il donne également l’impression de courir derrière le mouvement, derrière les grévistes, à l’instar des états-majors syndicaux généralement.

Dans les manifestations, les drapeaux bleus et verts se voyaient tout autant que les drapeaux rouges ; les élections sociales ont consacré une nouvelle fois la CSC tant en Wallonie qu’en Flandre.

Il n’en reste pas moins que Wallonie et Bruxelles (et par ricochet le fédéral) font face à un chaos social inédit depuis 30 ans et qu’il est très tentant de faire porter la responsabilité politique de ce maelström social impopulaire au PS (qui aurait d’ailleurs bien en peine de l’organiser). MR et N-VA se construisent contre le PS, comme l’inverse est tout aussi vrai. Chacun s’y retrouve.

Fédéral en panne… côté francophone

Pour la Flandre, la chienlit ça suffit ! Désormais, sanctions financières, suspensions de salaire, réquisitions, service minimum sont au menu, même si la porte des négociations reste ouverte. Le bras de fer est engagé mais se trouve porté  essentiellement par des ministres flamands (Geens, Peeters, Jambon, De Croo) face à des grévistes wallons et bruxellois. Ces  ministres savent aussi qu’ils disposent du soutien de leur opinion. Cela leur laisse des latitudes de manœuvre … et de sévérité.

Le gouvernement Michel ne dispose pas d’une légitimité démocratique en Wallonie et à Bruxelles, où il ne représente qu’un quart des citoyens-électeurs. Sa fermeté et ses réformes ne séduisent pas : le MR recule lui-aussi dans les intentions de vote et paraît bien isolé.

Les grèves ne sont pas populaires au sud du pays mais la politique suivie, non plus (à l’inverse de la Flandre) !

Le risque politique est finalement que les actions échappent à tout contrôle réel et accentuent pour le Premier Ministre, mais aussi pour l'opposition francophone, la réalité d'un pays coupé en deux, de deux démocraties dos-à-dos.

@PhWalkowiak

 

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