Gouvernement fédéral : la Belgique reste sur "PAUSE"

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Va donc pour " préformateurs " !

Rudy Demotte (PS) et Geert Bourgeois (N-VA) reprennent le flambeau ou plutôt héritent de la situation fédérale telle qu’elle est figée depuis le scrutin du 26 mai.

La mission de Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (SP.A) n’aura pas permis de débloquer la situation mais soulagé le Palais et la classe politique et ainsi passer l’été. Place à présent au vent et à la pluie d’automne

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La mission royale Reynders-Vande Lanotte est historique. Jamais, une mission d’information, prélude à la formation (?) d’un gouvernement n’aura été aussi longue : 131 jours, 135 après les élections.

A ce stade, il est difficile d’en mesurer la portée. Aucun document n’a été transmis. Il faut se contenter des déclarations des missi dominici ; les principaux acteurs (les présidents de parti) se taisent ou bottent généralement en touche. Mais plane la sensation, que hormis que cela discute, le pays n’est guère plus avancé dans la mise sur pied d’un nouveau gouvernement fédéral, sachant que Ce Pays se trouve en affaires courantes depuis près de 300 jours, la démission du gouvernement Michel ayant été acceptée par le Roi le 21 décembre 2018.

La mission qui s’achève permet enfin de devoir vider la question qui se pose depuis le 26 mai : PS et N-VA peuvent-ils gouverner ensemble ?

Réponse le 4 novembre… ou pas

Les autres formations attendent désormais de savoir ce que ces deux-là sont capables de faire ensemble. A ce stade, il devient même inutile de convier les autres partis. Si (miracle !) socialistes francophones et nationalistes flamands conviennent de lignes de gouvernement communes, les autres n’auront plus qu’à parapher pour accord !

On est loin du compte. Si le Palais a choisi ces deux personnalités, c’est aussi parce qu’elles ne sont plus au premier plan de leur formation respective mais dispose de suffisamment de " métier " pour tâter le terrain et imaginer les " possibles ". A ce stade, PS et N-VA se gardent bien de faire intervenir visiblement leur président de parti (De Wever, Magnette) ou leurs négociateurs (Francken, Marcourt, Onkelinx, etc.).

A priori, cette mission ne s’éterniserait pas. Le 4 novembre apparaît comme une date-butoir. La peur du vide pourrait toutefois être plus forte et inciter à la prolongation.

A ce stade, on ne voit pas sur quoi PS et N-VA se mettraient d’accord. Ils ne feraient ainsi que respecter les engagements pris auprès de l’électeur durant la campagne. Difficile dès lors de le leur reprocher.

La prudence reste de mise. D’emblée, Geert Bourgeois précise que sa mission consiste simplement à déterminer s’il pouvait y avoir une base pour la formation d’un gouvernement fédéral. Rudy Demotte approuve. Cela demeure très éloigné de la mise sur pied d’un gouvernement fédéral. Le pays reste bloqué sur " PAUSE ".

 

@PhWalkowiak

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