Gouvernement cherche Parlement... et inversement

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Après trois semaines de pause, les députés fédéraux retrouvent le chemin du 13 rue de Louvain, entrée de la Chambre des Représentants. Mais pour y faire quoi ? A ce stade, il faut bien convenir que la situation demeure floue et que l’agenda qui nous mène jusqu’à la dissolution pré-électorale (mi-avril) risque bien d’être erratique.

Agendas contraires

Parlement et gouvernement innovent. Pour la première fois depuis 1831, la Belgique se retrouve avec un gouvernement démissionnaire, en affaires courantes, qui n’a jamais demandé la confiance à une Chambre qui demeure quant à elle, de plein exercice jusqu’à sa dissolution programmée dans quatorze semaines.

Quatorze semaines c’est à la fois peu et beaucoup : à peine le temps de faire aboutir un texte et très long si seules des chamailleries pré-électorales occupent l’actualité politique fédérale.

Il apparaît ainsi déjà clairement que chacun prend une posture volontariste et se prépare à rendre l’autre responsable de tout blocage.

Le gouvernement veut pousser ses derniers dossiers. C’est de bonne guerre. Il est illusoire d’imaginer que l’opposition lui apporte son soutien après avoir lourdement dénoncé ces projets. La N-VA avait avalisé en son temps le volet jobs deal de l’action gouvernementale. Les nationalistes voteront-ils le texte ? Cela va se négocier entre ex-partenaires mais si la N-VA appuie la dégressivité des allocations de chômage, soutiendra-t-elle l’augmentation de certaines allocations, corollaire de ce dossier porté par le CD&V Kris Peeters, par ailleurs rival électoral ? Rien n’est moins sûr. La campagne électorale qui commence n’est pas propice aux compromis.

Campagne

Légiférer de manière significative est chose quasi impossible en campagne électorale. De plus, Charles Michel n’a pas le choix. Avec seulement 52 sièges (sur 150), sa marge de manœuvre se trouve très réduite. L’offre de service du cdH et ses 9 députés est juste sympathique. Arithmétiquement, le Premier ne peut se tourner que vers le PS (23 députés) ou la N-VA (31 députés). Et raisonne alors la sentence de Jan Jambon :  si (Charles Michel) veut absolument avoir notre soutien au Parlement pour son gouvernement minoritaire, alors il deviendra la marionnette de la N-VA. Dans l'opposition, les compromis ne nous intéressent plus : nous voulons réaliser notre programme à 100%. S'il négocie un soutien avec la N-VA, il sera notre marionnette. Mais s'il négocie un soutien avec le PS, il sera alors la marionnette du PS.

D’autre part, PS et N-VA ne se mettront à ce stade d’accord sur aucun texte.

Chaque groupe déposera des propositions mais l’heure n’est plus au marchandage pour les faire adopter. La campagne électorale rend inflexible. Il ne restera alors que quelques textes consensuels sur les frais d’ambulance, sur des réductions de cotisation pour les pensionnés ou sur les plus bas salaires.

Gouvernement et parlement vont trouver le temps long… mais ils disposent par ailleurs d’une campagne électorale pour les animer.

 

@PhWalkowiak

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