Geens, la dernière carte du Roi ?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Koen Geens voit donc sa mission prolongée. Une semaine. Au moins, sans doute. Lundi prochain, le Palais risque bien de devoir lui demander d’allonger les délais, de permettre à tout le monde de passer sans trop d’encombre les vacances de Carnaval/krokusvakantie. Rendez-vous en mars.

Le choix du Roi

Koen Geens, c’est résolument le choix du Palais. Rompant avec les habitudes de son père, Philippe a agi sans concertation avec les présidents de parti. Son propre parti, le CD&V, a découvert pratiquement en même temps que le communiqué officiel que Koen Geens, vice-premier du gouvernement en affaires courantes, avait été missionné.

Alors que le Palais avait déterminé un cadre plus large, ce parti s’est empressé de faire savoir qu’il ne s’agissait de travailler que sur une seule piste : un gouvernement autour d’un axe N-VA/PS. Cela n’a pas empêché Koen Geens de rencontrer également les Verts, qui ne font pas partie de la solution dans le cadre de cette option.

Le Palais pousse Koen Geens, tant celui apparaît comme l’ultime recours avant une crise (encore ?) plus profonde.

PS-NVA, PS-NVA, PS-NVA,…

Pour l'instant, le Palais a pris le soin/risque d’écarter Bart De Wever de toute mission. Les autres présidents s’y étaient pourtant résolus. Il représente toujours le premier parti du pays. Sa désignation ne serait donc pas illogique même si dans l’entourage du Roi, on semble estimer qu’il n’est pas vecteur de solution.

Cela contraint donc Koen Geens à s’escrimer à forcer un début d’accord entre les nationalistes du nord et les socialistes du sud. Si les deux formations échangent des notes et explorent des pistes, rien n’indique qu’ils puissent se mettre d’accord sur un projet commun même ultra-minimaliste.

Le président du MR s’y est déjà cassé les dents, après que le CD& V lui a brisé ses rêves de coalition sans la N-VA (avec socialistes, libéraux, écologistes et chrétiens-démocrates flamands). Paradoxe, une très hypothétique alliance PS/N-VA contraindrait le MR à lâcher l’Open VLD (inutile arithmétiquement) et à accepter un deal fait de transferts de compétences et de mesures sociales corrigeant les politiques du gouvernement Michel.

Koen Geens doit donc toujours, soit contraindre le PS de travailler avec la N-VA (et inversement), soit forcer son propre parti à lâcher cette N-VA et accepter un gouvernement fédéral minoritaire en Flandre.

Huit mois de tractations n’y ont rien fait. Une semaine supplémentaire pour ce qui apparaît comme une révolution copernicienne ne devrait rien y changer. Mais le Palais devrait s’accrocher à son chargé de mission sans nom. Après lui, si ce n’est pas encore le Déluge, s’ouvrirait une grande incertitude institutionnelle.

@PhWalkowiak

Reportage dans notre JT 19h30:

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