Frédéric Van Leeuw: "Il faut récupérer les enfants des returnees"

Le procureur général Frédéric Van Leeuw, invité de Jeudi en prime.
Le procureur général Frédéric Van Leeuw, invité de Jeudi en prime. - © SOPHIE KIP - BELGA

Invité de Jeudi en prime, le procureur général Frédéric Van Leeuw a d'abord voulu témoigner son empathie pour les victimes des attentats du 22 mars 2016. "J'ai un profond respect pour ces gens, il n'y a pas moyen de réparer ce qu'elles ont vécu. Il faut respecter leur douleur", réagissant ainsi au malaise que certains d'entre eux avaient vécu lors des commémorations.

S'il ne peut pas garantir que l'horreur ne va pas se répéter, il note que le nombre de dossiers a diminué : "La justice a appris beaucoup de choses au point de vue de l'accompagnement des victimes mais aussi au niveau de la radicalisation". Il confirme également qu'on n'a toujours pas retrouvé toutes les armes des terroristes et que cela l'inquiète car il ne sait pas si elles ne sont pas retournées dans le cercle criminel.

La menace terroriste a baissé avec la chute de l'État Islamique (EI). Le retour massif des "returnees" ne s'est pas concrétisé mais il craint que des changements d'alliance n'ouvrent à nouveau des couloirs qui permettraient à certains de revenir.

"Ne pas ajouter de la souffrance"

Concernant le retour des femmes et des enfants des combattants islamiques, il estime que notre société a un rôle à jouer. "Pour ce qui est des femmes, cela dépend des mandats d'arrêt internationaux qui sont lancés mais pour les enfants, il faut les récupérer. Il ne faut pas ajouter de la souffrance à la souffrance. Il faut penser à leur famille".

Le procureur espère que la police fédérale continuera à bénéficier de renforts. "Alors je n'aurai pas besoin de faire de priorités car on ne recrute pas des policiers anti-terroristes en quelques mois et actuellement il faut rattraper le retard".

A ses yeux, la justice manque aussi de moyens : "C'est une évidence depuis plusieurs gouvernements". Et de défendre l'indépendance des procureurs, "on tape sur le parquet or il est indépendant, c'est inscrit dans la Constitution. Ne cassons pas le modèle".

"Les prisons sont des incubateurs du crime"

Frédéric Van Leeuw estime qu'il faut encore plus de moyens pour réinsérer les anciens détenus dans la société à leur sortie de prison. "Les prisons sont des incubateurs du crime, le modèle du caïd est remplacé par le modèle du radicalisé et il faut réagir mais toutes les sorties de prison ne sont pas des échecs. Il faut essayer de comprendre, il faut aller aux racines."

Héritant du dossier des Tueurs du Brabant, il espère pouvoir trouver de nouveaux éléments. "Ces victimes là aussi le méritent. On va passer de 12 à 29 enquêteurs, beaucoup de choses ont été faites et on va essayer d'avancer sans tabou. il reste 8 ans avant la prescription." Il n'est pas pour une prescription permanente. Trouver des preuves après 30 ans est compliqué.

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