Francken ou l'impuissance d'un Premier Ministre

Theo Francken a encore sévi et une nouvelle fois, le Premier Ministre s’est senti obligé de faire savoir qu’il avait " recadré " son secrétaire d’Etat à l'Asile et aux Migrations, responsable de la Simplification administrative (sic). Une fois de plus. Avant la suivante ?

Multirécidiviste

Le bourgmestre de Lubbeek avait à peine prêté serment devant le Roi qu’il déclenchait la polémique pour avoir fêté le 90ème anniversaire d’un collaborateur des nazis. Ce fut aussi d’anciens textes sur les immigrés, ses commentaires désobligeants/affligeants sur les migrants, des petites vidéos au goût douteux, son mépris pour Amnesty International etc…

L’homme est un habitué des tweets acides et des polémiques, il en a fait une marque de fabrique. Il est aussi devenu très populaire aussi bien dans l’opinion publique flamande et francophone qu’au sein de son propre parti où il passe pour être le successeur de Bart De Wever.

Face aux nombreuses polémiques, Charles Michel lui a parfois apporté son soutien, comme dans l’affaire du visa à des migrants syriens, allant même jusqu’à avaliser l’absurde… l’état belge incapable d’ester en Justice en français !

Le Premier Ministre a aussi su prendre ses distances, recadrant les propos de son secrétaire d’Etat comme il l’a fait aussi vis-à-vis de la N-VA quand celle-ci entend instaurer l’état d’urgence ou aller plus loin dans la limitation des libertés.

Impuissance

Mais dans le système des coalitions à la belge, le Premier Ministre est autant le chef d’équipe que le simple notaire d’un accord de gouvernement. Un ministre ne cesse de l’être que quand il est lâché par son parti. Avec Theo Francken, on est loin du compte d’autant que la N-VA est la principale force de la coalition.

Comme d’autres avec les parvenus, Charles Michel peut tempêter, rien n’y fera. Theo Francken assume très bien ce qu’il est, avec le soutien de tout son parti comme dans cette énième polémique, avec MSF cette fois.

Populaire, incarnation cette droite nationaliste décomplexée, Theo Francken peut se permettre bien des outrances. Son parti en a fait un mode de fonctionnement politique. A Charles Michel de s’en accommoder. C’est le prix du 16.

@PhWalkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK