Francken-FGTB: 1-1

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La N-VA s’est construite " contre ".

D’abord contre les Wallons, la Belgique, les chômeurs, puis les étrangers, les syndicalistes, la gauche, les migrants etc.

Initialement, les nationalistes sont incapables de tout compromis, avant de comprendre que pour accéder au pouvoir, changer les structures ou les rapports de force, le système belge nécessite des alliances et donc des compromis. La N-VA a d’abord infiltré le CD&V (qui lui pensait naïvement englober un groupuscule), entrant dans le gouvernement flamand avant de renâcler au fédéral en 2007 lors de l’Orange bleue, de conquérir villes et communes en 2012, gagner les élections de 2014 et effectuer enfin son entrée au gouvernement fédéral, trustant toutes les principales compétences ministérielles.

Rester différent

Mais pour se maintenir, il faut cultiver sa différence. Bart De Wever à l’extérieur, Theo Francken à l’intérieur de l’exécutif auront beaucoup plus joué leur carte perso que l’intérêt de l’équipe gouvernementale. Accointances avec la collaboration, avec des mouvements fascistes, hostilité envers les migrations africaines ou marocaines, remise en cause de la convention de Genève, mépris envers les ONG humanitaires ou les citoyens accueillant des migrants, assistance aux génocidaires soudanais, etc. Theo Francken a maintenu le cap, son cap nationaliste et identitaire. Charles Michel s’est épuisé en recadrage au point d’y écorner un peu sa crédibilité de Premier Ministre.

Les mauvais résultats de la N-VA aux élections communales, au profit du seul Vlaams Belang, ont modifié la donne. Conséquence : sortie du gouvernement sous prétexte de migration, réaffirmation du confédéralisme et exhibition de l’épouvantail socialiste. Retour aux fondamentaux.

Alliés objectifs

Le système belge permet aussi d’être opposé à quelqu’un sans jamais être confronté à lui dans les urnes. Unique démocratie sans partis nationaux, la Belgique nourrit en effet ce paradoxe. N-VA d’un côté, PS, ECOLO, FGTB etc. de l’autre, chacun peut ériger l’autre en repoussoir ultime en espérant en tirer un profit politique.

Mais au-delà du calcul politicien, chacun peut ainsi mettre en avant ses valeurs.

Le dernier incident à Verviers où invité par le PP, Theo Francken n’a pu s’exprimer en est le dernier exemple.

La N-VA épingle à nouveau cette gauche bien-pensante qui ne veut pas entendre ce que le vrai peuple pense. FGTB ou PS peuvent à nouveau souligner le caractère dangereux, populiste, à la limite de l’extrême-droite du nationaliste flamand.

Mais jamais l’électeur " belge " ne pourra les départager. Chacun gardera sa certitude. L’affrontement restera stérile et donc nocif pour l’expression démocratique.

@PhWalkowiak

 

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