"Francken, démission !" (Charles Michel)

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Chaque jour (ou presque) amène sa révélation dans ce qui est en train de devenir une " affaire Francken " à la suite de la délivrance controversée de visas humanitaires par les services de l’ex-secrétaire d’état.

Criminel syrien dans la nature

Ainsi, on a appris que l’un des visas, obtenu via le système Francken, avait été accordé à un Syrien soupçonné de crimes au service du régime du dictateur Bachar el-Assad, aujourd’hui évaporé dans la nature. Il apparaît que non seulement les visas avaient été accordés selon le bon vouloir du secrétaire d’état mais que de plus, les services de police ont été sciemment écartés, ne pouvant réaliser aucun screening des arrivants. Le ministre de l’Intérieur a confirmé la chose ce jeudi à la Chambre, reconnaissant qu’il avait là un problème pour notre sécurité .

Lors de la même séance, le Premier Ministre a lui aussi regretté les errements des services de son ex-secrétaire d’état.

Alors qu’il l’avait couvert lorsque celui-ci a apporté sa complaisance à un ex-collabo, moqué les Africains, fricotté avec le régime génocidaire soudanais, mis en cause la Convention de Genève, etc. etc. , cette fois Charles Michel, se disant choqué, évoque la démission de Theo Francken : Si le gouvernement n'avait pas été en affaires courantes, l'ancien Secrétaire d'État – c'est peut-être une chance pour lui – aurait probablement dû, eu égard aux faits, présenter sa démission.

Aussi facile que tardif, pourrait-on gloser mais surtout l’aveu de l’échec d’une politique : avoir laissé les mains libres à la N-VA sur ce dossier sensible pour sauver à tout prix une coalition inédite.

Impact

L’affaire des visas n’est pas terminée et elle animera la campagne d’autant qu’en Flandre, la N-VA semble désormais l’adversaire unique. Elle aura aussi des retombées sur la campagne libérale au sud du pays. Entre un Denis Ducarme qui avait la prétention d’incarner un " Francken wallon " (sic) ou des Jacqueline Galant et Georges-Louis Bouchez qui se disputaient pour savoir lequel l’inviterait chez lui, le message du MR est désormais à tout le moins brouillé sur la question. Ceux qui espéraient une once de la popularité de celui qui les méprise ( " Les ministres MR ? Des boulets au pied ! ") se retrouvent quelque peu marris à deux mois de l’échéance électorale.

Mais plus largement, se posera à terme la latitude dont le secrétaire d’état a bénéficié lorsqu’il était en fonction.

 

@PhWalkowiak

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