Flandre : confédéralisme et identité comme horizon

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Feu d’artifice nationaliste flamand, ce week-end ! Bien plus, finalement que lors des commémorations de la Bataille des Eperons d’Or un 11 juillet.

Samedi, les ténors de la N-VA étaient de sortie dans plusieurs journaux pour prononcer l’éloge funèbre de la Belgique et réclamer le confédéralisme (en clair, l’indépendance de la Flandre mais en ne gardant que les avantages). Dimanche, à peu près les mêmes recevaient le renfort du Vlaams Belang pour défendre l’identité flamande mise à mal par les médias étrangers, des organisations internationales… et surtout des Francophones de Belgique !

Confédéralisme

La Belgique est morte depuis 10 ans. Bart De Wever en a publié le faire-part ce samedi. Depuis 2010, il constate qu’en effet il est impossible de former un gouvernement fédéral soutenu par une majorité aussi bien au nord qu’au sud du pays. En n’acceptant pas une alliance avec la N-VA qui permettrait cette double majorité, le PS de Paul Magnette précipite la fin du pays. Le président de la N-VA constate aussi que dès avant le scrutin, il ne voulait pas de la " gauche wallonne "… la seule chose négociable avec le PS, c’est le confédéralisme.

Dans La Libre, Theo Francken ne disait pas autre chose : PS et N-VA doivent négocier ensemble le confédéralisme : c’est la réforme de l’État qui doit être prioritaire désormais. Dans Le Soir, le chef de groupe Peter De Roover détaillait le projet : une Belgique sur base de deux communautés, avec Bruxelles, c’est 10% de francophones, 3% de Flamands, et tous les autres… L’idée que Bruxelles est francophone, ce n’est pas réel. Tordre la réalité quand elle ne vous convient pas.

Le président du CD & V, Joachim Coens défendait également le modèle d’une Belgique à deux, sans consulter les Bruxellois réduits à un " Brussels DC ".

La fête, on vous dit !

Identité

La polémique autour du carnaval d’Alost et ses caricatures anti-juives enfle depuis des jours au point que même le président de la N-VA a pris ses distances. Le bourgmestre d’Anvers a aussi un électorat juif à ménager. Jan Jambon souhaite également de la retenue. Theo Francken, comme plusieurs élus N-VA, s’en prenait directement à Sophie Wilmès, qui en tant que chef de gouvernement, estimait que ces représentations portaient préjudice à nos valeurs ainsi qu’à la réputation de notre pays. Beaucoup estimaient en quelque sorte que ce n’était pas à une Première qui brime les Flamands à Rhode-St-Genèse où elle était échevine, de commenter le carnaval d’Alost.

Aux dernières élections, Vlaams Belang (25,52%) et N-VA (26,31%) y arrivaient largement en tête. Depuis, les deux formations ont noué assez bien de contact et les nationalistes de Jan Jambon ont pris les rênes du gouvernement flamand avec un fort accent identitaire. C’est ce courant de l’opinion publique flamande qui s’est senti " agressé " par les commentaires et les condamnations qui ont plu sur Alost et la Flandre ce dimanche.

Mais ce courant existe. Il est fort et constitue aujourd’hui une réalité qui pèse sur l’ensemble du pays et va plus loin que de mauvaises caricatures qui ne font rire personne.

@PhWalkowiak

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