"Finding your feet", la revanche du 3e âge

Une scène de "Finding your feet"
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Une scène de "Finding your feet" - © DR

Depuis l’énorme succès critique et public du film "Indian Palace" et de sa suite, il est de plus en plus fréquent de voir dans le cinéma anglo-saxon des comédies avec des sexagénaires en vedette… Un nouvel exemple ? "Finding your feet".

Le film commence par une grande réception huppée dans un cottage très cossu : Sandra, riche bourgeoise, célèbre la mise à la retraite de son mari… Mais accidentellement, au cours de la party, elle découvre que celui-ci la trompe depuis cinq ans. Effondrée, Sandra quitte le domicile conjugal et part se réfugier chez sa sœur Elizabeth, qu’elle n’a plus vue depuis des lustres. Elle découvre chez sa frangine une réalité toute autre : celle-ci mène une existence bohème dans une banlieue pauvre de Londres. Elizabeth ne mène pas grand train, mais va réapprendre à Sandra quelques plaisirs simples de l’existence…

Peut-on changer de vie à soixante ans ? C’est le thème central de "Finding your feet", délicieuse comédie aigre-douce. On y danse, on y chante, mais on aborde aussi des thèmes plus graves : la vieillesse, la maladie, la mort. Devant la caméra malicieuse de Richard Loncraine, un casting de haut vol : Imelda Staunton ("Vera Drake", "Harry Potter", "Pride"), Celia Imrie ("Indian Palace") mais aussi Joanna Lumley ("Absolutely Fabulous") et Timothy Spall ("Turner", "Secret and Lies"). Tous ces fabuleux acteurs de composition s’amusent, et leur plaisir est terriblement communicatif.

Carnivores

Deux sœurs ont grandi en l’absence du père. Elles sont devenues actrices. Samia est une star, capricieuse, égoïste, fragile. Mona, son aînée, discrète, a grandi dans son ombre et court les castings sans grand succès. Lors d’un tournage éprouvant, Samia craque et… disparaît. Sera-ce enfin pour Mona le moment d’exister aux yeux du monde ?

Avec "Carnivores", les frères Jérémie et Yannick Renier passent à la réalisation. Et s’emparent d’un thème – la fusion/rivalité féminine – déjà amplement traité par des glorieux aînés, d’Ingmar Bergman ("Persona") à Barbet Schroeder ("Single White Female"). Ambitieux, les frères Renier n’ont hélas pas les moyens de leur ambition, et accouchent d’un scénario truffés de poncifs et sans grande surprise. Seule la très sensible Leila Bekhti (Mona) ne démérite pas, mais cela ne suffit pas à sauver "Carnivores".

The Third Murder

Du cinéaste japonais Hirokazu Kore-Eda, on se souvient d’abord de ses émouvantes chroniques familiales ("Nobody knows", "Tel père, tel fils", "Notre petite sœur"). Avec "The third murder", il s’essaie au polar. Un avocat réputé est chargé de défendre un criminel qui est passé aux aveux. Mais en préparant son dossier, l’avocat doute de plus en plus de la culpabilité de son client, et plonge dans son passé pour mieux le comprendre…

Avec le style feutré qui a fait sa réputation, Kore-Eda s’intéresse plus à fouiller la psychologie de ses personnages qu’à enchaîner des rebondissements spectaculaires. Mais à force d’accumuler les non-dits et les faux-semblants, le cinéaste finit par un peu égarer son spectateur, qui risque de sortir plus perplexe que bouleversé par la vision de "The third murder".

Taxi 5

Dix ans après le tome 4, le bolide imaginé par Luc Besson reprend du service. Avec les mêmes ingrédients (des blagues lourdingues et des poursuites de bagnoles) mais un nouveau duo : Franck Gastambide ("Les Kaïra") et Malik Benthala (issu du "Jamel Comedy Club") prennent la succession de Frédéric Diefenthal et de Samy Nacéry.

Egalement réalisateur, Gastambide, auteur de l’immonde "Pattaya", apporte toute la finesse de son humour dans "Taxi 5" : autrement dit, il y a un nain, une obèse nymphomane, des jets de vomi et des crottes de chien… Tout cela est consternant. Mais le plus consternant, c’est que "Taxi 5" risque d’être un succès au box-office… Pauvre France !

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