Finalement kamikaze, cette coalition?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le Premier ministre persiste et signe, il ira à Marrakech pour apporter le soutien de la Belgique au Pacte de l’ONU sur les migrations.

La N-VA persiste et signe : pas question que le gouvernement belge aille à Marrakech. La crise est là. Chacun tente de se refiler le Zwarte Piet, le Valet Puant.

Face à face

Confronté au revirement de la N-VA, qui pendant deux ans a validé les négociations diplomatiques autour de ce Pacte, Charles Michel a estimé que c’était cette fois l’humiliation de trop. Il s’était engagé au nom du pays face à tous les états à l’ONU.

La N-VA a quant à elle fait le calcul inverse, estimant ce nouveau coup de Jarnac salutaire.

Les deux camps tirent aussi des conclusions des piètres résultats de leur formation respective aux élections communales et provinciales : apparue trop droitier, scotché à la N-VA, trop peu social pour le MR ; pas assez dur avec la migration pour une N-VA qui n’a en outre aucun bilan institutionnel à présenter. Ces deux logiques sont bien entendu inconciliables.

Pour la première fois, des élections communales risquent bien de provoquer indirectement la chute (?) d’un gouvernement.

Charles Michel pense pouvoir contourner l’obstacle en passant par la Chambre, sollicitant le soutien d’une opposition qu’il a tant honni (et réciproquement). La N-VA lui rappelle qu’un Premier Ministre ne peut agir qu’avec l’assentiment de son gouvernement.

La campagne anti-migrants lancée (brièvement) par la N-VA sur internet aura achevé de cristalliser les antagonismes.

Coût d’une majorité improbable

En 2014, le MR a fait un énorme pari, brisant les codes en usage : constituer un gouvernement qui a le soutien de moins d’un francophone sur quatre, avalisant ainsi la suprématie démographique flamande, en s’alliant avec un parti qui demande en outre la fin du pays. Risqué. Kamikaze estimait la presse flamande à l’époque, suédoise ont joliment répliqué les communicants du 16 (même si on cherche toujours l’orange dans le drapeau).

Au prix de couleuvres à avaler, de recadrages incessants, la coalition a tenu, a développé une politique économique libérale. La N-VA pouvait se permettre de maintenir le cap identitaire qu’elle s’est à présent choisi. Cela a donc tenu quatre ans… jusqu’aux élections communales et donc aux choix des citoyens. Devant ce révélateur, les deux principales formations ont dû faire des choix. Finalement funestes (?) pour la coalition fédérale.

 

@PhWalkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK