Femme et "Gilets Jaunes": la révolte dans la révolte

La colère des Gilets jaunes, fait émerger de nouveaux visages, ceux des femmes comme porte-paroles mais aussi ceux de manifestantes en nombre. Pourtant, on s’étonne de leur présence dans certaines analyses et commentaires. Cela fait longtemps, qu’elles s’expriment et dénoncent les mesures des gouvernements qui détricotent leurs droits sociaux mais on ne les voit pas, on ne les entend pas. Le jaune fluo, surligne et met en évidence une réalité qui ancienne que ce soit en Belgique ou France. Ce qui est nouveau, c’est qu’à la différence des sphères de pouvoir chez les élites, les femmes dans la rue sont pratiquement à parité. Elles sont visibles.

Elles tiennent des barrages depuis 3 semaines

Il est possible qu’il y ait eu un effet d’emballement lié au fait que c’est une femme qui a lancé ce mouvement des gilets jaunes.  Cela a pu créer une forte identification à ce courant des gilets jaunes pour les femmes. Vous vous souvenez de la vidéo de Jacline Mouraud sur Facebook, en colère, elle dit son ras-le-bol face à l'augmentation du prix de l'essence, des taxes et des radars, s'adressant directement au président Macron. En quelques jours, ces images affichent plus de 6 millions à ce jour.

Autre explication possible, l’expression du mouvement sur les réseaux sociaux qui court-circuitent les relais syndicaux traditionnels. Le taux de syndicalisation est plus faible chez les femmes que chez les hommes car bon nombre d’emplois féminins restent confinés dans des secteurs à faible taux de syndicalisation: contrats précaires, temps partiels, intérims.

Les femmes portent l’écrasante majorité du travail précaire

D’après les premiers éléments d’une étude menée par le CNRS en France, on note un fait intéressant, les femmes gilets jaunes seraient majoritairement à la tête de familles monoparentales. Leurs revendications : boucler leurs fins de mois, nourrir leur famille. Elles en ont assez des bas salaires, des journées à rallonge, et du zéro vacances.

Il y a plus de 80% de femmes à la tête des familles monoparentales. Une réalité qui vaut autant pour la France que la Belgique. Une famille monoparentale sur trois ne parvient pas à échapper à la pauvreté. En Wallonie, c’est une famille monoparentale sur deux qui vit sous le seuil de pauvreté (54,3%), et une personne pauvre sur quatre vit dans une famille monoparentale.

Les facteurs de risques de pauvreté des ménages monoparentaux sont multipliés aussi

Parmi ces facteurs, il y a la diminution de ressources financières en cas de séparation, les pensions alimentaires impayés, le coût élevé du logement. Seule, il est plus compliqué de s’organiser avec des enfants pour combiner, travail, ménage et garde d’enfants. L'obligation pour les chômeurs/ses d'accepter un emploi à 60 km de chez soi complique un peu plus leur vie. Toutes ces situations mettent les femmes dans une précarité et une perte d’autonomie financière qui vont parfois jusqu’au surendettement.

Enfin, le gouvernement prend des mesures sans tenir compte de la loi de "gendermainstreaming" (2007) qui prévoit l'obligation de vérifier si les mesures politiques prises impactent de manière différentes les hommes et les femmes.

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