Fausses notes dans la Vivaldi

Une vaccination qui progresse mais qui commence à se heurter aux vaccino-sceptiques, une relance économique volontariste mais qui n’existe que sur papier, des divergences idéologiques dans une coalition que seule la pandémie a pu souder quelque peu, une deuxième partie d’Euro périlleuse pour les Diables Rouges, etc., notre petit monde va changer cet été après 18 mois de crise sanitaire.

Voile diffus, voile confus

Au sein de la majorité fédérale, le MR s’est retrouvé bien seul pour contester la désignation d’Ihsane Haouach en tant que commissaire du gouvernement auprès de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, pour seule raison de port du voile. Isolés, coupés de leurs homologues néerlandophones, les libéraux francophones n’ont pu que constater, n’osant pas en faire une question de gouvernement.

Mais plus profondément, cet "incident", comme d’autres précédemment, révèle les dissensions d’une coalition où chacun entend jouer sa partition. Cette "Vivaldi" devient dissonante. Ecolo a joué "perso" sur ce coup, comme les ministres socialistes qui viennent de décider par arrêté de supprimer l’exonération de cotisation sociale à vie du premier engagement, une mesure phare du gouvernement Michel, mais qui selon le Bureau du Plan, coûte très cher pour une efficacité douteuse.

Les dossiers délicats des fins de carrière ou de la fermeture des centrales nucléaires qui s’annoncent pour septembre constituent autant de gros nuages noirs qui s’accumulent au-dessus d’une coalition hétéroclite où chacun jouera de plus en plus sa carte personnelle.

Relance

Entretemps, le gouvernement fédéral engrange. La Belgique figure désormais parmi les bons élèves de la classe européenne en matière de vaccination, après avoir connu un des taux de mortalité les plus élevés. Mais les retards constatés dans certaines sous-régions de Wallonie et de Bruxelles pourraient présager de nouvelles tensions nord-sud.

Le gouvernement va lancer… sa relance ! Celle-ci balbutie encore. On connaît les premiers projets, mais il reste encore à s’entendre sur la suite.

Là-dessus, l’objectif est clair et devra se traduire dans la réalité économique et sociale d’ici 2024. Cela vaut tout autant pour les gouvernements régionaux, et plus encore pour la Wallonie qui à cette échéance commencera à ne plus bénéficier de l’argent "transféré" de Flandre.

Mais cette dynamique nécessite une cohésion. Si socialistes, libéraux et écologistes donnent bel et bien l’image de former une équipe à Namur, c’est paradoxalement beaucoup moins le cas au niveau fédéral, où les mêmes se tirent régulièrement dans les pattes. Deux coalitions, deux ambiances totalement différentes ! Pourquoi ? Une question de personnes ? De stratégie de parti ?

La fin progressive de la crise sanitaire apportera aussi des enseignements politiques…

 

@PhWalkowiak

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