Faille verte, failles fédérales et respect de l'électeur

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Des partis autour d’une même table. Et c’est tout. Deux mois après le scrutin, c’est l’unique bilan apparent en vue de la formation d’un gouvernement fédéral : les représentants de sept partis se parlent. Point.

Formellement, la Belgique en est au même stade que le soir du 26 mai, sur les plateaux télé. La situation ne devrait en outre pas évoluer sous peu.

Schisme vert

La belle entente entretenue comme un jardin anglais par Ecolo et Groen paraît à présent piétinée. Les deux formations constituent un groupe commun à la Chambre mais désormais n’envisagent plus de la même manière les négociations fédérales ! Groen est venu écouter, Ecolo estime cela inutile et ne veut farouchement pas de la N-VA. C’est son droit mais les deux partis ne forment dès lors plus "un" en matière fédérale, même si les écologistes flamands rejettent l’idée de monter dans un gouvernement où leur alter ego ne figurerait pas.

Il n’aura donc pas de gouvernement fédéral où se retrouveront nationalistes et écologistes.

Schisme fédéral

Le plan de table des informateurs s’en trouve déséquilibré : cinq partis flamands pour deux francophones, 10 interlocuteurs flamands, 4 francophones. Au sud du pays, seul le MR semble quelque peu enthousiaste. Le PS se pince le nez pour y aller ; il faut bien dire que la table de discussion penche plutôt à droite.

La N-VA peut se dire qu’elle a fait plier le PS en le contraignant à venir discuter et pourra toujours faire porter aux socialistes la responsabilité d’une crise au fédéral en cas de blocage perdurant.

Dans cette partie-là, le PS dispose de très peu d’alliés (il ne peut compter que sur un très faible sp.a) et risque rapidement de se retrouver coincé : accepter des mesures inacceptables pour son électorat/sa base ou porter la responsabilité de la crise. Les socialistes se retrouvent désormais seuls face à la coalition sortante, qui ne voudra pas détricoter ce qu’elle a mis en place.

Mais plus globalement, et cela vaut tant pour le PS que pour la N-VA : à quoi bon monter dans un gouvernement si c’est pour y faire le contraire des engagements pris durant la campagne électorale ?

L’intérêt supérieur du pays ? Qui y croit encore ? Surtout si c’est pour se prendre une défaite électorale dans la foulée. Le PS se situe à son plus bas niveau historique et la N-VA vient de connaître sa première grosse décrue électorale.

Autrement dit respecter ses engagements ou constituer un gouvernement coûte que coûte et ainsi se renier ?

Dilemme.

 

@PhWalkowiak

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