Et pendant ce temps, en Flandre ...

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Pendant que le nouveau gouvernement wallon découvre la saison 3 de la série Nethys, que celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles reste confronté à la pénurie d’enseignants et qu’à Bruxelles le stade du Heysel fait son retour, le gouvernement flamand reste en carafe (ne parlons pas du fédéral où rien n’a formellement bougé depuis les élections). La Flandre vient même de décrocher le record national de la plus longue durée de formation pour un exécutif d’entité fédérée (le fédéral restant hors de portée avec son record du monde de 541 jours… qu’il pourrait peut-être battre à nouveau).

À droite, toutes

Après avoir déclaré avant le scrutin qu’il ne négocierait pas avec l’extrême-droite et affirmé qu’il briguait le poste de ministre-président flamand, Bart De Wever a fait le contraire après les élections.

Il a discuté tout l’été avec le Vlaams Belang et passé le témoin à Jan Jambon lorsqu’il s’est agi de négocier avec le CD&V et l’Open VLD, ce qui n’est jamais que la reconduction de la majorité sortante.

Depuis, de ce côté-ci du rideau de betteraves, plus aucune nouvelle de la formation d’un gouvernement flamand. La presse du nord n’est pas plus diserte sur la question. Régulièrement, la N-VA évoque une négociation avec le PS pour le niveau fédéral… et c’est à peu près tout.

Au-delà du pas de danse avec le Belang, Theo Francken trace la voie de connexions avec l’extrême-droite. Il pousse la N-VA à une ultradroitisation qui accompagnerait son désir d’indépendance (on dit confédéralisme pour ne pas faire peur). Dernier exemple en date, ce mercredi devant un parterre de patrons au Cercle de Lorraine où le même Theo Francken exige que le prochain (?) gouvernement fédéral durcisse la politique migratoire, que le PS doit l’accepter ou ce sera le confédéralisme, dit-il.

Repli

La N-VA reste tiraillée. Elle a cru un moment pouvoir bâtir "quelque chose" avec le Vlaams Belang ; la fermeté de l’Open VLD et du CD&V et la réalité arithmétique ont fini par rattraper les nationalistes de Bart De Wever.

La crainte du Vlaams Belang tenaille les dirigeants de la N-VA. L’extrême-droite flamande a le vent en poupe et le cordon sanitaire se craquelle.

Bart De Wever et Jan Jambon espéraient un gouvernement flamand pour ce 23 septembre, jour de la rentrée du Parlement, devant lequel chaque année, le ministre-président trace les grandes lignes de sa politique. D’ici lundi prochain cela risque d’être court même si rien ne filtre des négociations.

Plus globalement, la N-VA craint de se retrouver au pouvoir fédéral avec le Vlaams Belang en leader de l’opposition flamande. Le dernier sondage donnant l’extrême-droite en tête a encore fait croître le désarroi de Bart De Wever et des siens.

Le premier parti du pays craint-il le pouvoir et les conditions dans lesquelles il risque de devoir l’exercer ? La N-VA choisira-t-elle le repli flamand tout en démontrant que Ce Pays est décidément ingérable et que le confédéralisme est la seule solution ? Dépassée sur sa droite et sur son nationalisme, la N-VA cherche sa voie et son avenir.

 

@PhWalkowiak

 

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