Et le climat s'invita dans la campagne...

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Entre 65.000 et 75.000 personnes défilaient ce dimanche à Bruxelles, là où les organisateurs en attendaient le tiers. Rarement chez nous, une manifestation aura dépassé ainsi les espérances ; de plus, un dimanche après-midi, sous un ciel gris et pluvieux, sans véritable structures rôdées de mobilisation, comme peuvent l’être les syndicats.

A six mois des élections, ce mouvement ne pouvait qu’interpeller le monde politique.

Le revirement du MR

Aux lendemains d’élections communales et provinciales décevantes, Charles Michel pointait l’actualité consacrée au dérèglement climatique pour expliquer le succès d’Ecolo … et tenter de justifier le revers des siens. Cette fois, le Premier Ministre rappelle : La question climatique doit être une préoccupation centrale au service des générations futures.

Pourtant, la Belgique figure parmi les plus mauvais élèves européens en la matière. Qu’importe. Les libéraux entendent reprendre pied sur des domaines (environnement, climat, mobilité) sur lesquels, les écologistes ont quelques longueurs d’avance et surtout érodé l’électorat MR. Le ministre-président wallon embraie : son gouvernement fait bien plus qu’ECOLO en la matière ou Marie-Christine Marghem de pointer la Flandre… et donc la N-VA, soupçonnée de favoriser le nucléaire ou d’ être complaisante avec les thèses climato-sceptiques.

Manifestement, sur le sujet, les résultats des élections communales ont fait changer le MR.

Thèmes de campagne

Dans la perspective du méga-scrutin du 26 mai prochain, il est désormais patent que le mantra jobs, jobs, jobs ne suffira pas. Les actions des gilets jaunes ou la mobilisation en faveur du climat apportent d’autres sujets à la campagne.

De plus, les thèmes de campagne risquent d’être bien différents au nord et au sud du pays.

Si la problématique " climat " touche l’ensemble du pays, comme l’a montré la mobilisation de ce week-end… ou les progressions électorales conjointes de Groen et Ecolo, la question du pouvoir d’achat et du poids de la fiscalité semblent concerner principalement la Wallonie.

De son côté, la N-VA entend ouvertement placer cette campagne sur des thématiques identitaires, comme le montre son obstination à voir la Belgique ne pas signer le pacte de l’ONU sur les migrations. Charles Michel a été catégorique : il ne veut pas se laisser entraîner sur ce terrain où sans doute l’image de son parti a été quelque peu écornée. Plusieurs ténors du MR l’ont rappelé : la Belgique doit signer à Marrakech.

Tant sur le climat, l’énergie, l’environnement, la migration, le pouvoir d’achat, le MR est semble-t-il, appelé à se distancier de son encombrant allié.

Campagne oblige.

 

@PhWalkowiak

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