…Et à la fin le PTB renverse la table

…Et à la fin le PTB renverse la table
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Le PTB a donc mis fin au dîner de cons auquel il était invité. Et il a même renversé la table : “Ça ne sert à rien de continuer avec le PS”. La séquence aura donc été assez courte. C’est donc bien le PTB qui tire la prise à la tentative d’une majorité “à gauche toute”. C’est donc aussi le PTB qui risque de porter la responsabilité de l’échec de cette “portugaise” devant les électeurs de gauche. Et vu l’arithmétique électorale, de porter la responsabilité d’un retour du MR au centre du jeu politique.

Pour éviter autant que possible de figurer sur le banc des accusés, le PTB a donc calculé son coup. Raoul Hedebouw est sorti à l’heure du JT de la RTBF, et a largement communiqué via les réseaux sociaux dans la soirée pour tenter d’écrire sa propre version du dîner. Raoul Hedebouw explique sur Facebook :

 

Une pièce de théâtre où on espérait pouvoir jouer avec les pieds du PTB pour justifier une alliance avec le MR. Nos électeurs veulent une vraie rupture avec la pratique des partis traditionnels. Il faut répondre aux besoins sociaux, par exemple en construisant 40.000 logements sociaux et publics à court terme. Pas dans 30 ans. Et visiblement le PS n’était pas encore prêt à ça (comme il ne l’a pas fait ces 25 dernières années d’ailleurs).

 

À ce stade, impossible de dire si ces mesures ont effectivement été présentées, chiffrées, et de dire comment le PS y a réagi. Mais le résultat est là. Le PTB a claqué la porte, sans y avoir jamais cru, sans avoir été vraiment désiré et, au fond, sans avoir jamais voulu lui-même participer à une telle formule.

Les deux gauches irréconciliables ?

Entre la gauche gestionnaire et la gauche radicale tribunitienne, la fracture reste pour l’instant totale. Le PTB a été accusé toute la campagne de ne pas vouloir aller au pouvoir. Il estime donc que sa base électorale a voté en connaissance de cause, pour la rupture et rien d’autre. Rupture que le rapport de force avec le PS et la situation politique bloquée au fédéral ne permet pas de réaliser.

De son côté le PS a fait campagne pour se positionner comme la gauche “sérieuse”. Il ne pouvait pas accepter les propositions du PTB qui aurait conduit la Wallonie à se mettre à dos, et le fédéral et surtout l’Europe.

Mais chacun était pourtant obligé devant ses électeurs de tenter le coup. Même sur un malentendu ça n’a pas marché, Jean Claude Dusse restera puceau. La phase “obligée” des négociations prend donc fin et désormais, sauf revirement d’un des acteurs, les possibilités sont très limitées.

Le MR est incontournable

Après avoir biffé la portugaise suite au retrait du PTB, après avoir biffé l’olivier suite au retrait du cdH, aujourd’hui la coalition “la plus progressiste possible” voulue par Paul Magnette, c’est une PS-MR-Ecolo. Le PS va donc devoir tester ses deux partenaires-là. Et d’abord Ecolo, qui est réticent et très divisé sur une participation avec les libéraux, et surtout une participation où ils ne sont pas indispensables.

Si Ecolo se retire lui aussi du jeu, il ne restera que le PS-MR. Majorité de perdants très inconfortable pour le PS et aussi d’ailleurs pour le MR. Cette majorité PS-MR a déjà son petit nom de baptême de la part de députés qui se retrouveraient dans l’opposition : “majorité Publifin”. Puisque PS-MR sont en majorité en province de Liège.

Pour éviter ça, la formule PS-MR-Ecolo va donc être testée. Elle a l’immense avantage d’être transposable aux autres niveaux de pouvoir. Au fédéral en particulier où elle est possible avec un siège d’avance seulement. Le MR qui devient indispensable au PS en Wallonie pourrait aussi exiger d’être présent partout et surtout à Bruxelles où il ne l’est pas. A ce stade, c’est peu probable que le PS accepte. Il a en effet besoin de montrer que le MR est son dernier choix. PS-Ecolo et DéFI reste le scénario le plus probable dans la capitale. Des majorités différentes, aux différents niveaux de pouvoir, c’est ça aussi le fédéralisme…


 

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