Et à la fin, c'est toujours le CD&V qui choisit

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le CD&V n’entend pas lâcher la N-VA dont le PS doute (euphémisme) de la sincérité à être plus social et à contribuer à une solution. De plus, associer PS et N-VA contraindrait le MR à lâcher l’Open VLD. Voilà pour le bulletin en provenance du front.

On notera que MR et CD&V font toujours partie de la solution ; ce sont précisément les présidents de ces deux formations que le Palais a placés à la manœuvre. Pourtant, ils peinent à débloquer une situation figée depuis le 26 mai.

Ce que CD&V veut

La N-VA veut rester dans la course même si finalement seul le CD&V croit (ou feint de croire) en la sincérité des nationalistes. L’Open VLD ne sait pas.

Alors que le co-informateur Bouchez s’enthousiasmait pour une " Quatre Saisons ", son homologue Coens (poussé par les siens, Koen Geens en tête) a refroidi cet entrain. Fini le centre, retour à l’axe PS/N-VA. Ce que CD&V veut…

Les vestiges du vieux parti catholique ne représentent plus que 12 sièges à la Chambre, son pire score depuis l’invention de la Belgique. Mais ils demeurent en capacité de faire basculer les majorités. L’exclusion d’Emir Kir vient même conforter (très théoriquement) cet état de fait.

Mais jusqu’où les chrétiens-démocrates flamands peuvent-ils aller ?

Tradition ou mauvaise habitude

Depuis 1958, et à l’exception de 1999, ce parti a toujours choisi l’issue des négociations. On ne reviendra pas sur la fixation de la frontière linguistique, la crise de Louvain, la fin de l’expérience Martens-Gol ou le choix des socialistes.

En 2007, fort d’un cartel avec la N-VA qui finira par les dévorer, le CD&V échoue dans l’Orange-Bleu (il espérait scinder BHV sans majorité des 2/3), perd la N-VA mais impose Yves Leterme alors que le MR constitue alors le premier parti. En 2011, il faut attendre des mois que le CD&V accepte une coalition sans la N-VA, obtienne en compensation une Sixième Réforme de l’Etat totalement absconse. En 2014, alors que la coalition sortante sort renforcée, le CD&V impose la N-VA au gouvernement fédéral, avec les conséquences que l’on sait : la coalition ainsi formée encaisse en 2019 la pire défaite électorale depuis la guerre (moins 22 députés !).

Le CD&V a ses raisons : il entend que le prochain gouvernement fédéral dispose d’une légitimité démocratique, que celui-ci ne soit pas constitué sans l’un des deux premiers partis du nord du pays, il ne voit pas pourquoi il serait le seul garant de l’unité du pays comme le dit Elio Di Rupo… et espère aussi récupérer le poste de Premier Ministre au passage !

Surtout s’il doit se faire une raison de l’absence de la N-VA.

@PhWalkowiak

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