Entre volontarisme et méthode Coué

Le gouvernement fédéral a déjà lancé beaucoup de chantiers : virage fiscal, saut d’index, hausse de TVA, contrôle des chômeurs, pension à 67 ans, 100€ net par mois en poche, service minimum, taxes nouvelles, etc…

Il reste maintenant à tout faire atterrir, et ce n’est pas le plus simple...

Concrétiser

On l’a répété, le gouvernement fédéral entend démontrer qu’il prend (enfin) les mesures dont le pays a urgemment besoin et qu’il était impossible de prendre avec les socialistes. C’est l’antienne du MR et de la N-VA. Il fallait frapper fort d’emblée, la réaction sociale aura été finalement à la mesure du train de réformes imposées par la nouvelle coalition.

Celle-ci doit à présent dépasser l’effet d’annonce. A ce jour, les mesures annoncées n’ont guère eu d’impact… sauf les mauvaises nouvelles comme le saut d’une indexation des salaires ou la TVA sur l’électricité déjà passée à 21%.

Ce gouvernement fait le pari que les effets bénéfiques se ressentiront en fin de législature et que les quatre partis de la coalition en retireront des bénéfices politiques aux élections de juin 2019.

Ecueils

Les objectifs, ambitieux, sont fixés ; il reste à les atteindre sous peine de perte de crédibilité politique. Le volontarisme prévaut.

Sur le plan budgétaire, cela a plutôt mal commencé. Charles Michel qui avait fin mars, renvoyé avec dédain les Régions à leurs épures a dû ravaler ses sarcasmes en juillet, une fois l’erreur des Finances constatée. Juste après, un nouveau mécompte de plus de 880 millions apparaissait mais le " tax shift " promis restait la priorité.

Le budget 2016 a été présenté mais sans le détail des chiffres. La ministre du Budget reconnaît à présent que le " virage fiscal " n’est pas financé au-delà de 2016 et qu’au fil du temps, on s’assurera de trouver les moyens[1] (sic).

Gouverner, ce n’est donc pas forcément prévoir…

Il en va de même d’un mystérieux redesign de l’Etat censé rapporter 550 millions au budget.

Il en va de même des économies imposées à la SNCB, de la restructuration de l’armée, du contrôle des chômeurs, du service minimum, du survol de Bruxelles ou de la constitutionalité de la taxe Caïman. On voit quel est l’objectif mais il y a plus que des doutes sur la manière d’y arriver.

Pour l’instant, dans ces dossiers, les ministres disposent du bénéfice du doute.

Il ne faudrait toutefois pas que le volontarisme affiché se transforme progressivement en simple " méthode Coué "…

 

@PhWalkowiak

 

 

 

[1] In Le Soir de ce 28 octobre

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