Enseignement: un Pacte, enjeu politicien

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Où en sera le Pacte d’Excellence à la fin toute proche de cette législature ? Survivra-t-il politiquement à ses concepteurs ?

Le Pacte avance vaille que vaille mais reste tributaire d’une volonté politique parfois chancelante.

Scepticisme

Initié par l’actuelle majorité, le Pacte d’Excellence doit beaucoup au volontarisme et à l’énergie de Joëlle Milquet. Depuis avril 2016, Marie-Martine Schyns tente de creuser le même sillon, avec sans doute plus de discrétion.

Le mérite premier du pacte, c’est d’avoir mis tous les acteurs de l’enseignement autour de la même table et d’en avoir dégagé une réforme concertée portant sur une longue période ; une réforme qui n’est pas imposée par un ministère mais forgée par les acteurs du secteur. Bien entendu, tout compromis implique concessions réciproques, arrangements et parfois plus petit dénominateur commun.

Vaille que vaille, des décrets ont été votés, jetant les premières bases du Pacte mais il reste du pain sur la planche et du scepticisme à vaincre.

Enjeu politique

Si malgré les réseaux, les divergences entre pouvoirs organisateurs, syndicats, parents, enseignants, etc. le pacte a pu voir le jour, on peut regretter que ce ne soit pas le cas sur le plan politique. MR, Ecolo, DéFI ou PTB voient dans ce Pacte bien plus la main de la majorité PS-cdH que celle des acteurs de l’enseignement.

Le MR a ainsi dénoncé régulièrement l’implantation d’un tronc commun, se faisant le relais bien plus de l’UWE ou de certaines organisations de parents que de ce qu’indiquent les modèles d’enseignement dans les pays où les élèves réalisent de bien meilleurs résultats que le piètre bulletin de ceux de Wallonie et Bruxelles.

Défendre le statu quo, c’est défendre les mauvais résultats des enquêtes PISA.

Les tensions entre PS et cdH n’ont pas facilité la mise en œuvre du Pacte, chacun se méfiant désormais de l’autre.

Dernier élément en date : le revirement du MR sur la séparation pour le ministère de l’Education d’être à la fois organisateur d’enseignement et régulateur de tout le secteur, évitant en cela d’être juge et partie. Une majorité des 2/3 était nécessaire ; les libéraux estiment qu’il y aura trop de fonctionnaires pour s’occuper de ce "machin". Cette séparation est indispensable pour mettre en œuvre la réforme. La ministre Schyns espère toujours y arriver. Il y a toutefois de fortes de chance que cela sera à son successeur de s’y atteler à moins que le Pacte ne soit définitivement laissé en rade, démontrant l’impossibilité politique de réformer.

@PhWalkowiak