En Afrique du Sud, il y a une maison sans factures depuis 1974

En Afrique du Sud, il y a une maison sans factures depuis 1974
En Afrique du Sud, il y a une maison sans factures depuis 1974 - © Tous droits réservés

Qui n’a jamais rêvé de ne pas avoir de facture d’eau et d’électricité à payer ? Ce rêve, Dieter Holm l’a transformé en réalité il y a plus de quarante ans, dans la banlieue de Pretoria, capitale exécutive du pays, et plus exactement à Saartjiesnek, à 30km du centre-ville.

Dans cette zone montagneuse du nord du pays, une famille vit totalement déconnectée de tout réseau public, que ce soit pour l’électricité ou pour l’eau potable, depuis plus de 40 ans ! Leur maison date de 1974, et c’est loin d’être une cabane en bois dans la forêt, avec pour seul WC les buissons environnants ! Il s’agit d’une belle maison tous conforts qui, vue de l’extérieur, ressemble à s’y méprendre à une maison normale. Elle est même plutôt jolie.

Un concept né d'une nécessité

Celui qui a eu l’idée de la construire, c’est le grand-père de la famille. Il s’appelle Dieter Holm, un ingénieur allemand qui a un jour décidé de s’expatrier en Afrique du Sud. Il est tombé amoureux de la région de Pretoria, surtout des magnifiques paysages qu’il pouvait admirer du haut des collines de Saartjiesnek. Sauf que la région était à l’époque totalement isolée, privée de réseau d’électricité et de distribution d’eau potable… et que Dieter Holm n’avait pas envie de se compliquer la vie en demandant aux autorités de lui amener tous les conforts de la vie moderne. En plus, la seule nappe phréatique où il pouvait puiser de l’eau potable était située à plusieurs centaines de mètres de la maison, à une très grande profondeur et son flux n’était pas régulier. En tant qu’ingénieur touche-à-tout, il a décidé de relever le défi de l’autonomie énergétique.

"Une façon efficace de concevoir les immeubles est d’arrêter de penser en termes de fourniture d’énergie, mais aussi en termes de demande – raconte-t-il. Quand on réfléchit en termes de demande, on ne conçoit plus les immeubles comme des utilisateurs passifs et inefficients, mais comme des micro-générateurs distribués sur le territoire. Et pas uniquement pour produire de l’électricité, mais aussi du chauffage grâce à la cogénération par exemple."

Le soleil et la pluie comme meilleurs alliés

L’objectif de Dieter Holm était clair : démontrer qu’il est possible voire relativement facile de subvenir à ses besoins en énergie et en eau potable et de vivre en totale autonomie.

Il a donc commencé par installer des panneaux photovoltaïques et des réservoirs d’eau de pluie pour stocker le précieux liquide… en poussant sa démarche le plus loin possible. Par exemple, il s’est procuré ses panneaux solaires en seconde main… en Arizona ! Un collègue l’avait informé de la faillite d’une entreprise qui en avait installés sur les toits de ses hangars, et Dieter Holm n’a pas hésité un seul instant.

Pour l’eau, le climat de la région de Pretoria étant très pluvieux en été et très sec en hiver, il a installé des réservoirs à chaque coin de la maison, pour récolter la moindre goutte d’eau de pluie qui tombe pendant l’été, mais aussi des plus petits réservoirs sous les douches, afin de réutiliser l’eau grise pour les chasses des toilettes.

Pour décorer son jardin, il a décidé de ne planter que des espèces qui résistent bien à la sécheresse, et de n’avoir que quelques plantes en pot qui ne demandent pas beaucoup d’arrosage.

Enfin, pour produire de l’eau chaude, il a fabriqué un système qui chauffe l’eau en utilisant l’énergie solaire, et il a un plan B au cas où : une mini chaudière au gaz, qu’il n’utilise pratiquement jamais. Et le gaz, évidemment, provient de bombonnes et non du réseau de distribution.

Et quarante ans plus tard ?

Oui mais… à quoi ressemblent toutes ces installations plus de 40 ans après la construction de la maison ? Eh bien, non seulement elles sont toutes encore fonctionnelles, y compris les panneaux photovoltaïques, mais en plus c’est maintenant son fils qui habite dans la maison, avec sa femme et ses trois enfants ! Ils ont emménagé en 2003, et ils ont tout de suite continué sur la lancée du grand-père. Le couple raconte qu’ils ne voulaient pas renoncer aux conforts qu’ils avaient dans leur appartement du centre-ville de Pretoria, notamment en termes d’électroménagers. Oui parce qu’il faut savoir que le papy n’avait pas de frigo et pas de lave-linge… les nouveaux occupants ont donc tout de suite acheté un nouveau frigo, un nouveau lave-linge et un nouveau fer à repasser de classe énergétique A+++. Pour cuisiner, ils privilégient les deux fours solaires installés dans le jardin, avec un four au gaz en backup dans la cuisine. Résultat : malgré l’ajout de toutes ces machines, ils vivent toujours en autonomie complète.

"Celles et ceux qui décident de vivre comme ça, ne vivent pas de manière spartiate ! répète inlassablement Dieter Holm. Cette maison est dotée des mêmes conforts d’une maison classique, et la qualité de vie y est en fait supérieure. Elle permet de profiter de la nature, de tous les conforts de la vie moderne, sans dépendre de sources d’énergie artificielles pour le chauffage et la climatisation."

Une maison qui crée aussi des vocations

La famille Holm est tellement fière de sa démarche et de sa maison, que ses membres ont commencé à organiser des journées " portes ouvertes " afin de démontrer à leurs voisins qu’il était possible de vivre autrement. Et de fil en aiguille, leur maison a commencé à devenir une référence en la matière, d’abord au niveau national, puis à l’international ! La belle-fille de Dieter Holm a même décidé d’utiliser sa maison comme un outil de communication afin de sensibiliser le public aux enjeux du développement durable et de la transition énergétique, et c’est maintenant devenu son métier puisqu’elle donne des conférences un peu partout dans le monde.

Comme quoi, une maison sans impact environnemental peut non seulement créer du bonheur, mais aussi des vocations !

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