Critiques ciné: "Elvis et Nixon", le récit d'une rencontre improbable

Michael Shannon et Kevin Spacey dans "Elvis et Nixon"
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Michael Shannon et Kevin Spacey dans "Elvis et Nixon" - © STEVE DIETL

1970. Elvis Presley, au faîte de la gloire, nourrit une véritable obsession : devenir agent free lance pour le FBI. Tout en continuant ses concerts, il veut débusquer – et dénoncer pour le bien de son pays- tous ces affreux hippies qui pervertissent avec leurs drogues la belle jeunesse américaine. Il veut convaincre le président des USA Richard Nixon de lui octroyer un beau badge d’agent fédéral. Mais Mister President rechigne à rencontrer l’idole du rock. Car c’était une époque où les hommes politiques considéraient comme frivole et nuisible à leur image de poser à côté de stars du show business (comme chacun sait, les us et coutumes ont aujourd’hui bien changé).

"Elvis et Nixon" n’est donc pas un biopic classique, c’est la chronique d’une rencontre inattendue et, au final, très savoureuse. Michael Shannon incarne Elvis, Kevin Spacey Nixon ; aucun des deux ne ressemble véritablement à son modèle. Mais cela n’a guère d’importance ; ils ont tellement de talent et de charisme qu’ils restituent à merveille les attitudes de leurs personnages. "Elvis et Nixon" dépasse donc l’anecdote pour dresser une chronique pleine d’humour sur une face-à-face entre deux icônes des seventies.

La Tour Sombre

L’œuvre de Stephen King est une véritable mine d’or pour le cinéma ("The Shining", "Stand by me", etc.) Aujourd’hui Hollywood a décidé de s’attaquer à "The Dark Tower", longue saga riche de huit romans. Au cœur de cette saga, Jack Chambers, un adolescent en proie à des cauchemars tenaces depuis le décès de son père, pompier, dans un incendie. Mais l’univers parallèle que parcours Jack dans ses rêves récurrents existe bel et bien. On y retrouve – sans beaucoup de surprise – le combat entre le Bien et le Mal, personnifiés respectivement par un courageux "pistolero" (Idriss Elba) et un mystérieux "homme en noir" (Matthew Mc Conaughey…

Adapter au cinéma "The Dark Tower" a tout de la fausse bonne idée : comment résumer de manière cohérente en moins de deux heures une saga aussi touffue ? Le film, qui propose au pas de charge un digest des thématiques et des personnages imaginés par King, ressemble au final à un salmigondis de western, de science-fiction et de drame intimiste. Mieux aurait valu choisir le format d’une série (dotée idéalement d’un budget confortable) pour rendre à "The Dark Tower" sa richesse originelle, plutôt que ce film fait de bric et de broc.

Une femme douce

Chez elle, une femme reçoit le colis qu’elle a envoyé il y a quelque temps déjà à son mari en prison. Inquiète, elle décide, munie dudit colis, de parcourir les centaines de kilomètres qui la sépare du pénitencier pour tenter d’obtenir, de visu, des explications… Commence alors pour elle un véritable chemin de croix : tous ses interlocuteurs sont "affreux, sales et méchants" (pour reprendre le titre de Scola).

L’intention du cinéaste russe Sergeï Loznitsa est claire : à travers ce douloureux pèlerinage, il s’agit de dénoncer la corruption galopante et l’état de déréliction de son pays. Le problème, c’est qu’il assène son message avec la subtilité d’un char d’assaut : tout est appuyé, surligné, et d’une laideur repoussante. Cet interminable pensum de près de deux heures et demie était une des pires épreuves pour les journalistes qui suivaient la compétition officielle du dernier Festival de Cannes. "Une femme douce" est un film à réserver exclusivement aux cinéphiles masochistes.

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