Elections, un an après : pas de gouvernement. Et alors ?

Le 21 décembre 2018, le Roi acceptait la démission du gouvernement Michel. La Belgique entrait en affaires courantes.

522 (!) jours plus tard, elle s’y trouve toujours.

Quelques nuances : un gouvernement fédéral a été "reseté" pour gérer uniquement la pandémie et les cinq autres exécutifs du Royaume fonctionnent.

Il faut que tout change…

Lors du scrutin du 26 mai 2019, l’électeur envoie plusieurs signaux, parfois contradictoires.

Jamais depuis la guerre, une majorité sortante n’avait subi une telle dégelée ! La coalition fédérale dirigée par Charles Michel perd 22 sièges. Inédit.

Au sud du pays, le PS tombe au plus bas niveau de son histoire centenaire. Il sauve les apparences en restant la première formation francophone, mais pour la première fois la gauche non-socialiste (PTB + Ecolo) pèse plus que le seul PS. La Wallonie a rarement autant penché à gauche.

A l’inverse, en Flandre, l’extrême-droite renaît. Le Vlaams Belang connaît une seconde jeunesse et le vote nationaliste frôle la majorité.

Le paysage politique est bouleversé au point que les Régions n’auront jamais mis autant de temps à former des gouvernements. Même si en essayant de construire des majorités avec des minorités (PS et Ecolo en Wallonie-coquelicot ou N-VA et VB en Flandre nationaliste), on perd forcément du temps.

… pour que rien ne change !

Un an plus tard, rien n’a changé. Le Vlaams Belang se porte même de mieux en mieux.

Si un gouvernement expédie les affaires courantes et épidémiques, il repose essentiellement sur la réalité électorale de 2014 ; la Belgique fédérale n’a plus voté de budget depuis 2017.

Pendant un an, la formation d’une nouvelle coalition a tourné autour de l’opportunité de tenter de concilier PS et N-VA. On en est toujours là. Les passages par la case "Palais" n’auront permis que de chapitrer un récit qui tourne en boucle.

Si formellement, les deux principales formations ne s’excluent plus (même si au PS cela fluctue), elles posent des exigences impossibles pour l’autre.

Un plan d’économies budgétaires et une communautarisation accrue pour la N-VA ; des investissements publics massifs, voire même une refédéralisation de compétences pour le PS.

Après la pandémie, la Belgique a besoin d’un plan de relance porté par une majorité politique qui aura établi un budget en ce sens. Il reste moins de quatre mois pour y arriver.

La méfiance persiste, sans doute supérieure même à ce qu’elle était il y a un an.

Et comme nous l’indiquions en mai 2019, la volonté d’arriver à une solution globale pour toute la Belgique semble ne plus y être. Le modèle belge existe-t-il encore ? Est-il en état de mort clinique ? Réponse dans les prochains mois… […]

Sans solution acceptable au nord et au sud, il faudra aller voter avec l’avenir du pays comme seul enjeu de la campagne.

Rien de changé.

@PhWalkowiak


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