Elections : après les orages, l'arc-en-ciel

La formation d’un gouvernement tient autant à un rapport de force qu’à un phénomène de décantation. Les rapports de force sont connus, reste à laisser se décanter la situation,  s’estomper les affres de la campagne et de la législature précédente. Une forme de résilience politique.

Les comptes sont faits

Les négociations au niveau des régions/communautés ont réellement commencé tandis qu’au fédéral, cela temporise.

Le poids de chacun est connu : la N-VA est incontournable, la vague verte n’a pas eu lieu, la vague brune au nord a surpris et tous les vieux partis perdent ensemble, ce qui ne s’est jamais vu. L’électeur a distribué les cartes, aux partis de jouer.

PS et N-VA ont pris chacun de leur côté, la direction des opérations de négociation. Le fédéral demeure en stand-by ; la mission confiée à Johan Vande Lanotte et Didier Reynders permet de faire patienter. Il faut attendre que cela progresse dans les entités fédérées et d’ailleurs, et cela doit aussi constituer une première, le Palais, dans son communiqué désignant les deux informateurs, recommande à ceux-ci de garder le contact avec les responsables des négociations dans les régions et communautés. La reconnaissance de la primauté du fait régional par le chef de l’État ?

Festina lente

Même si les négociations n’en sont qu’aux prémices, chacun semble décidé à se hâter lentement. La précipitation des négociations en 2014 laisse visiblement de mauvais souvenirs. Mais surtout, devant le casse-tête des rapports de force au fédéral, chacun entend d’abord " bétonner " ses majorités régionales et communautaires.

Côté francophone, il y a désormais une volonté au niveau du PS de constituer des majorités les plus solides possible avant de songer à l’échelon fédéral. Cela signifie concrètement d’envisager une alliance avec les libéraux et les écologistes, soit les trois premières formations en Wallonie, à Bruxelles et dans la Fédération. Mais au-delà d’une simple convergence tactique, il faudra également trouver une convergence programmatique et après les tensions de la dernière législature et de la campagne électorale, l’apaisement prendra du temps.

Comme après le scrutin communal d’octobre, le PS commencera par " prouver " que gouverner avec le PTB est impossible, un peu comme la N-VA fera le même exercice avec le Vlaams Belang.

Il restera aussi à convaincre ECOLO de monter au pouvoir sans être numériquement nécessaire (il ne l’est pas en Wallonie mais bien à Bruxelles) et à trouver de quoi les associer au MR sur des mesures climatiques. Les libéraux, sortis meurtris du scrutin, devraient toutefois être plus accommodants surtout si un retour au pouvoir à tous les niveaux est à la clé.

Ce serait le retour de l’Arc-en-Ciel comme en 1999 (avec Bruxelles en sus), avec des rapports de force modifiés. D’ailleurs, du côté flamand bruxellois, c’est sur cette base (Groen-Open VLD-Sp. A) que les négociations se sont déjà engagées.

Mais pour valider cet arc-en-ciel qui point, il faut d’abord laisser se dissiper les effets des orages de la campagne.

 

@PhWalkowiak

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