Ecolo et l'instrumentalisation de la société civile

Ecolo et l'instrumentalisation de la société civile
Ecolo et l'instrumentalisation de la société civile - © Tous droits réservés

Ecolo veut imposer la société civile au PS en Wallonie. C’est le message qu’a fait passer Jean-Marc Nollet. Cela a d’ailleurs suscité un petit accrochage avec le PS. Arrêtons-nous sur ce concept, c’est quoi la société civile ? Et pourquoi donc Ecolo y tient tant ?

Un concept flou

La société civile, c’est tous les groupes organisés qui ne sont pas des partis ou des corps de l’Etat et qui participent à la vie de la cité. En clair, les syndicats, mutuelles, les asbl en tous genres qui structurent la vie publique. Ça veut dire beaucoup de monde. La société civile organisée penche clairement à gauche. Mais pas unanimement. Ce qui pose une première difficulté aux verts. La société civile c’est aussi bien la "Mutualité Chrétienne" que "Les Scouts" ou “Touche pas à mes certificats verts” (importante organisation qui regroupe les détenteurs de panneaux photovoltaïques wallons qui se sentent lésés par les décisions des différents gouvernements, en particulier celui de 2009-2014 avec Jean-Marc Nollet). Bref, c’est un concept très élastique. En réalité, Ecolo et le PS rencontreront les incontournables et ceux dont ils se sentent proches.

Comment expliquer qu’Ecolo est prêt à aller au clash avec le PS là-dessus ?

Trois raisons. Premièrement, Ecolo doit se faire respecter car il est en situation de faiblesse en Wallonie. D’ailleurs à Bruxelles, où Ecolo est dans une situation favorable, il n’a pas sorti la société civile de son chapeau. On y revient toujours, depuis le retrait du cdH et du PTB, Ecolo n’est plus indispensable en Wallonie. Le PS et le MR se suffisent largement. Mais par contre Ecolo reste très utile politiquement. Utile au PS pour ne pas se retrouver avec un mur de gauche dans l’opposition. Utile même au MR qui doit se refaire une santé sur le thème de l’écologie. Utile au MR et au PS car Ecolo est la clef pour ne pas se retrouver dans une coalition de “perdants”.

Ecolo imprime donc sa marque, “nous, c’est la société civile”. Comprenez : sans nous, la société civile sera aussi dans l’opposition. Ecolo tente de compenser sa mauvaise position par rapport aux deux grands et au PS en particulier.

Instrumentalisation de la société civile ?

Soyons de bon compte. Ecolo a de longue date développé une politique de proximité avec le tissu associatif. Tout ça n’est donc pas purement opportuniste. Mais quand même beaucoup car Jean-Marc Nollet utilise aujourd’hui la société civile comme levier politique. On en vient à la deuxième raison. En s’affichant comme le héros de la société civile, Ecolo met une pression sur le cdH via son pilier chrétien. Oui, certains chez Ecolo espèrent toujours que le cdH craque, revienne sur sa décision d’aller dans l’opposition. Ou à défaut que certains, au cdH proche voire issus de la société civile comme Alda Greoli qui vient de la Mutualité Chrétienne, se rallient à la majorité coquelicot. Si, comme c’est probable, ça ne fonctionne pas. Ecolo pourra rappeler au pilier chrétien qu’il a été le meilleur défenseur de ses intérêts et pas le cdH. Dans le coquelicot, rien ne se perd, sauf du temps…

Une histoire de temps

Le temps. C’est la troisième raison de cette danse du ventre d’Ecolo à la société civile. Consulter cela dure. Et ce temps Ecolo en a besoin pour faire passer la pilule d’un gouvernement avec le MR et le PS en interne. Ce temps Ecolo en a besoin pour bétonner une série de convergences avec le PS, avant d’aller chercher le MR. Toute cette stratégie est donc assez rationnelle. Le seul problème dans tout ça c’est que le menu concocté par le PS et Ecolo risque de ne pas être du goût du MR qui est incontournable et en position de force. On risque de tout recommencer. Dans le coquelicot, rien ne se perd, sauf du temps…

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK