E-Change quoi finalement ?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

C’est un des serpents de mers de la politique belge : le rassemblement de progressistes au-delà des partis " traditionnels ". De l’UDB (Union Démocratique Belge) de 1944 à E-Change de 2018, plusieurs s’y sont risqués et chaque fois l’expérience est restée sans lendemain.

MOC

On retrouve chez E-Change la même inspiration qui a poussé à la création de l’UDB juste après-guerre, de l’UDP (Union des Progressistes) à la fin des années 60 voire au Pôle des Gauches de 2002 ou la " troisième voie " entre libéralisme et marxisme.

Comme ses prédécesseurs, E-Change se définit comme un mouvement politique pluraliste, se détermine au-delà des clivages partisans.

De nombreux " contributeurs " tournent autour de la gauche chrétienne, famille politique longtemps pilier du PSC, dont a retrouvé des membres dans les fondateurs du Rassemblement Wallon, du FDF ou d’ECOLO. Depuis longtemps, les progressistes qui ne croient pas au PS cherchent une place.

Donne politique

Longtemps figée, la donne politique belge est en train de changer radicalement. La Flandre a déjà basculé accordant ses faveurs à un courant nationaliste, conservateur et populiste dans ce sens où la N-VA entend se passer des corps intermédiaires pour organiser la société.

Les élections italiennes, après les françaises, les néerlandaises ou les allemandes consacrent les montées des extrêmes. La Belgique n’est pas une île. Chez nous aussi, la défiance envers les politiques classiques croît de manière inquiétante. Face au désenchantement, il y a lieu effectivement de réagir, de rassembler les bonnes volontés dans le sens de l’intérêt général à l’heure du repli sur soi et de la méfiance à l’égard de l’autre, comme l’illustre entre autres la crise des migrants.

Reste à voir si E-Change peut peser sur le débat politique et notamment sur les prochains rendez-vous électoraux. E-Change le regrette, mais la politique c’est bel et bien un rapport de force mais celui-ci peut être également positif. Il y a lieu de rassembler sur des projets forts, de peser sur la donne politique.

E-Change ressemble plus à ce stade à un salon de réflexion d’universitaires s’inquiétant du sort du monde qu’à un réel mouvement. Il faut bien sûr attendre qu’il déploie sa stratégie. E-Change dit croire à la force de la mobilisation collective et de la co-construction. Le nouveau mouvement devra rapidement le démontrer, sous peine de terminer comme ses lointains ancêtres.

 

@PhWalkowiak

 

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