Duel PS-MR : chacun campe sur ses positions

Pour le dernier duel avant les élections, le PS était face au MR dans notre cube installé sur la place Poelaert à Bruxelles… Paul Magnette, porte-parole du parti pour la campagne et tête de liste aux élections européennes, faisait face à Didier Reynders, tête de liste pour le fédéral à Bruxelles. Un duel globalement courtois, sans attaques frontales, mais qui a une nouvelle fois montré la divergence d’opinions des deux partis, notamment sur la question de l’emploi et du redressement économique.

L’économique, s’est directement invité dans la rencontre. Comme lors des précédents duels, les politiques devaient offrir à leur adversaire de campagne un « cadeau » accompagné d’une question. Paul Magnette opte pour le live de l’économiste Thomas Piketty « Le capital du XXIe siècle » et en profite pour parler d’une mesure phare de la gauche : l’impôt sur la fortune. Didier Reynders lui, est venu avec une boîte de biscuits d’une entreprise du Hainaut qui travaille avec le Canada, de quoi « se souvenir en mangeant une douceur que parfois, un accord avec un pays comme le Canada est une bonne chose » dit le chef de file du MR bruxellois qui insiste sur l’importance d’accords commerciaux internationaux comme le CETA.


►►► À lire aussi : Le grand débat des présidents : Jean-Marc Nollet et Charles Michel bousculés


 

L’emploi et pouvoir d’achat

Peu importe la question posée ou le sujet annoncé, c’est l’emploi et le socio-économique qui sont revenus tout au long du débat. Si Paul Magnette et Didier Reynders déclarent tous les deux vouloir soutenir le travail et encourager la création d’emploi, c’est sur la manière d’y arriver que les partis s’opposent. Le PS reproche au MR de faire des cadeaux fiscaux aux entreprises… et le MR rétorque que le PS défend le chômage… Pour Didier Reynders, pour redresser la Wallonie et agir sur l’emploi, il faut soutenir les entreprises et ce de manière similaire au fédéral et au régional, notamment en diminuant les cotisations sociales. Ce que refusent de faire les socialistes, selon le libéral. C’est faux assure Paul Magnette : les socialistes veulent aussi soutenir les entreprises mais alors elles doivent fournir des garanties que ces aides serviront à la création d’emplois. De plus, il faudrait davantage miser sur l’innovation et sur la formation des travailleurs, dit le candidat aux Européennes.


►►► À lire aussi : Elio Di Rupo et Charles Michel s’invectivent sur fond de « contre-vérités »


Abattage rituel et double discours

Malgré la polémique qui a circulé aujourd’hui suite à la diffusion d’une vidéo où il est interrogé sur l’abattage rituel, Didier Reynders n’a pas été déstabilisé. Il l’assure : le MR n’a pas de double discours à ce propos, la position du MR sur ce sujet est la même à tous les niveaux de pouvoirs. « La position du MR est de mettre le bien-être animal avant la pratique religieuse dans un certain nombre de cas. Nous ne voulons pas interdire des abattages rituels, ce que nous voulons c’est que dans tous les cas d’abattage, il y ait étourdissement », explique Didier Reynders. Une position claire et de vrais débats de la part des partis, c’est ce que réclame Paul Magnette. « Le vrai problème des doubles discours c’est quand on dit quelque chose avant les élections, et qu’on dit autre chose après les élections », dit-il, pointant du doigt entre-autre la décision de Charles Michel de monter au gouvernement avec la N-VA lors de la dernière législature et la réforme des pensions.

L’après 26 mai

Pour Paul Magnette, c’est clair : le PS ne montra pas au fédéral avec la N-VA. « Non, nous ne gouvernerons pas avec la N-VA ! Ça n’a même pas de sens de discuter avec la N-VA parce que nous ne voulons pas du confédéralisme ni la fin de la Belgique », dit-il. Le MR lui, s’est déjà dit prêt à reconduire la coalition actuelle et à poursuivre le travail avec le parti nationaliste flamand. « Moi ce que je souhaite demain, quels que soient les partenaires demain, c’est qu’on laisse d’abord l’institutionnel de côté » dit Didier Reynders.

Et le PS et le MR, seraient-ils prêts à gouverner ensemble ? Didier Reynders ne l’exclut pas… Il dit le MR prêt à collaborer avec tous les partis politiques, sauf avec le PTB et le Vlaams Belang. Paul Magnette ne l’exclut pas non plus, même s’il rêve d’une coalition « la plus progressiste possible ». « Si demain le parti socialiste est suffisamment fort, si la gauche n’est pas divisée et qu’on trouve des partenaires en Flandre pour faire une majorité la plus progressiste possible, sans la N-VA dans tous les cas et si possible sans le MR, ce serait ma préférence », dit-il.

 

►►► À lire aussi : Duel: pas de « love story » entre Ecolo et le CDH

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK