Doit-on éviter d'acheter les vedettes du dernier salon de l'auto ?

C'est parfois contraignant mais ça tombe sous le sens : une hybride rechargeable doit se brancher aussi souvent que possible.
C'est parfois contraignant mais ça tombe sous le sens : une hybride rechargeable doit se brancher aussi souvent que possible. - © Tous droits réservés

Il y a quelques jours, je discutais avec un ami qui possède une voiture hybride rechargeable, ou plug-in hybride. Quand il l'avait achetée, il avait bien entendu calculé le gain financier en consommation en plus de la possibilité de la déduire fiscalement à 100% car il est indépendant. Alors, six mois après son achat, une question me brûlait les lèvres : "Est-ce que tu la recharges souvent ?". Et lui de répondre : "Jamais". Ou comment transformer une bonne idée de technologie vertueuse en fardeau environnemental. 

Pourtant, au récent salon de l'auto, c'est bien l'hybride qui s'est attirée les bonne grâce des visiteurs, bien plus que l'électrique. D'après la Febiac, organisatrice, 30% des offres concernaient ce type de motorisation combinant un moteur thermique et un autre électrique. Chez BMW, on cite même le chiffre de 50%, alors que le marché belge ne compte pour l'instant qu'un peu près 5% de ces véhicules, hybrides classiques et rechargeables confondus. Et pourtant, mal utilisée, une voiture hybride rechargeable peut faire pire que mieux.

Une technologie bien pensée

Un véhicule plug-in hybride dispose d'une batterie de plus grande capacité que son homologue hybride traditionnel. La voiture ne peut la recharger uniquement en utilisant les phases de décélération, comme dans le cas d'une hybride classique (type Toyota Prius, la pionnière). Il faut donc que le conducteur la branche au secteur aussi souvent que possible.

Une fois pleine, la batterie permet au moteur électrique de fonctionner seul sur plusieurs kilomètres (une cinquantaine avec les nouveaux modèles). Cela permet d'effectuer des petits trajets sans consommer une goûte de carburant, mais c'est également pensé pour pouvoir être utilisé dans les centres urbains qui interdisent l'usage d'un véhicule thermique. On peut alors forcer l'utilisation du moteur essence (ou diesel chez Mercedes) sur l'autoroute et enclencher l'électrique en ville. Les plus sportifs apprécient également la possibilité de combiner les deux moteurs pour obtenir des performances de GTI avec une consommation de diesel, en théorie.

Et comme ce type de véhicule est plutôt "propre" sur base des homologations européennes, sa déductibilité pour les entreprises ou les indépendants est bien plus élevée que pour son équivalent thermique, d'où le rush sur les modèles premium lors du salon. Zéro émission sur les petits trajets et aucune crainte de la panne sèche pour les longues distances : le plug-in hybride est un savant mélange du meilleur des deux mondes. Quoi que...

Les défauts de ses qualités

Comme son nom l'indique, une hybride rechargeable doit être rechargée ! Ce qui semble l'évidence même n'est pourtant pas souvent respecté. Comme dans le cas de mon ami, qui sait très bien qu'il utilise mal sa voiture, bon nombre de conducteurs "oublient" cette étape. Il est vrai qu'il faut à chaque fois sortir les câbles et les brancher et que, contrairement à une voiture électrique, si la batterie est presque vide, il reste le moteur thermique.

Un téléspectateur m'avait contacté un jour pour se plaindre que son gros SUV plug-in consommait jusqu'à 17 l/100 km ! Evidemment, il ne le chargeait jamais comme c'est lui qui devait payer l'électricité (1,5 euro la charge en moyenne) alors qu'il disposait d'une carte carburant de son employeur. Et pour recharger la batterie afin d'obtenir de bonnes performances, il utilisait son moteur essence. Ce dernier, non seulement faisait avancer l'auto, mais "perdait" une partie de son énergie dans la recharge. Et comme avec ses deux moteurs et ses batteries volumineuses, une hybride rechargeable est bien plus lourde que son équivalent classique, on consomme beaucoup plus une fois les batteries vides.

Le principal défaut provient donc d'une mauvaise utilisation de cette technologie. Il y en a d'autres. On a parlé du poids supplémentaire, mais le prix d'achat est évidemment bien plus élevé. Et si les entretiens sur une voiture électriques sont quasi inexistants, ce n'est pas le cas de l'hybride, qui conserve son huile, sa boîte de vitesse, ses courroies, ses systèmes de dépollution et des tas d'autres pièces et mécanismes susceptibles de tomber en panne et de nécessiter des entretiens classiques.

Alors, doit-on craquer pour une plug-in hybride ? A condition de l'utiliser de manière intelligente en respectant ce pourquoi elle a été conçue, il n'y a pas de problème et elle sera d'autant mieux adaptée au trajets urbains et péri-urbains où le moteur électrique tirera toute sa quintessence.

Si vous n'avez pas la possibilité de la recharger fréquemment, que vous faites des longs trajets, que vous ne pouvez la déduire et que le prix d'achat vous rebute, optez pour une hybride classique.

Mais vous perdrez les performances de sportives et la possibilité de réaliser tout un trajet en mode électrique. Même si ça fait longtemps que ce dernier point n'est plus la préoccupation principale de mon copain, dont je vous parlais au début...

Journal télévisé 19/01/2020

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