"Dogman", le retour au premier plan de Matteo Garrone

Hugues Dayez
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Hugues Dayez - © RTBF

Il y a dix ans, le cinéaste italien Matteo Garrone frappait les esprits au Festival de Cannes avec "Gomorra", adaptation musclée de l’enquête du journaliste Roberto Saviano sur la mafia napolitaine. Après deux films moins aboutis ("Reality" et "Le conte des contes"), il revient en grande forme avec "Dogman".

L’action du film se déroule dans une station balnéaire italienne, tombée en décrépitude. Marcello y tient un salon de toilettage pour chiens. Père divorcé, il souffre de ne pas assez voir sa fille adolescente. Cet homme timide et chétif essaie de se faire bien voir de ses voisins, et ne sait pas dire non. Il se retrouve sous la coupe de Simoncino, un caïd local à qui il fournit de la cocaïne… Comment Marcello va-t-il pouvoir résister à l’emprise de plus en plus forte de cet "ami" embarrassant ?

Avec "Dogman", Matteo Garrone revisite un thème déjà exploré par les tragédies antiques, les rapports de maître à esclave. Il le fait avec une vraie tension dramatique et un excellent sens de l’image, le décor décati de la station balnéaire fonctionnant comme un huis-clos à ciel ouvert. Marcello Fonte, acteur jusqu’ici inconnu hors des frontières de l’Italie et récompensé à Cannes par le prix d’interprétation masculine, impose une présence "mélancoli-comique" avec son physique frêle et émouvant.

Si "Dogman" n’a rien de révolutionnaire, il sort néanmoins du lot d’une production cinématographique italienne devenue trop souvent, hélas, assez insignifiante.

Mission : Impossible / Fall Out

Pour les connaisseurs de la série, ce 6ème opus est la suite directe de "Mission Impossible / Rogue Nation". A l’écriture et derrière la caméra, on retrouve Christopher McQuarrie et devant la caméra (et à la production), Tom Cruise endosse à nouveau le rôle de l’agent Ethan Hunt. "Fall Out" fait appel à toutes les ficelles du film d’espionnage à grand spectacle : un terroriste qui menace d’éliminer la moitié de la population, une chasse au plutonium pour éviter la fabrication d’une bombe atomique, des doubles jeux et des trahisons en cascade…

L’atout du film est évidemment ailleurs, dans la maestria des scènes d’action. A une époque où, dans les films de super-héros, l’essentiel des effets est réalisé en post-production avec des images de synthèse, "Mission : Impossible" prend le contre-pied et met un point d’honneur à proposer des cascades et des courses-poursuites réalisées dans des lieux prestigieux, comme les Champs-Elysées à Paris ou la Tate Modern à Londres. Toute la campagne-promo du film est d’ailleurs basée sur la cheville cassée de Tom Cruise pendant le tournage, histoire de prouver que la star, malgré ses 56 ans, continue à mouiller son maillot pour réaliser nombre de cascades lui-même.

Si la nature a horreur du vide, Hollywood aussi ; et depuis que James Bond se fait plus rare sur les écrans – le délai d’attente entre chaque épisode est de plus en plus long -, les superproductions d’espionnage "à l’ancienne" se font rares. Cruise et ses partenaires coproducteurs l’ont bien compris, et la franchise "Mission : Impossible" occupe ce créneau laissé vacant. Bien sûr, Ethan Hunt ne sera jamais aussi mythique que l’agent 007 – il est plus sage et moins séducteur aussi -, mais ses films proposent à peu près les mêmes ingrédients : un méchant diabolique, de l’exotisme, des rebondissements jusqu’à plus soif… A propos de rebondissements, le dernier acte de "Fall Out" tire dangereusement en longueur, le film dure inutilement près de deux heures et demie. Mais nul doute que, pour les amateurs du genre, le contrat est rempli. La preuve : dès sa sortie aux USA, le film a pris confortablement la tête du box-office.

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