Docteur Bart et mister De Wever

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le soir du 26 mai, seulement deux des six gouvernements sortants avaient gardé leur majorité parlementaire : le gouvernement germanophone et le gouvernement flamand.

Les Germanophones ont reconduit l’alliance sortante en 48h ; la Flandre attend toujours sans que la situation ait évolué depuis. Pire, alors qu’au fédéral, où la situation reste la plus fermée, une même table a déjà accueilli plusieurs partis, ce n’est pas le cas en Flandre.

La grande famille nationaliste

Il n’y a jamais eu autant de députés souhaitant l’indépendance e la Flandre à la Chambre des Représentants, même si pléthore d’analystes vous disent que les électeurs n’ont pas voté pour cela. Sans doute. Mais le résultat est là.

La N-VA et le Vlaams Belang ont des ancêtres communs : la Volksunie et le VNV.

De plus, avec 58 sièges sur 124 au Parlement flamand, le rêve d’une Flandre dirigée par des indépendantistes semble à portée de main.

Bart De Wever avait déjà transformé sa formation nationaliste en parti de pouvoir libéral antisystème et ensuite en parti conservateur populiste. Et c’est précisément sur ce terrain populiste, anti-immigrés que la N-VA a laissé filer des électeurs vers le Vlaams Belang. On a vu le soir des élections un Theo Francken se réjouir d’une quasi-majorité en Flandre de cet axe N-VA/Belang. Dans le net recul électoral de la N-VA, Theo Francken est aussi le seul ténor du parti à tirer son épingle du jeu.

De quoi voir la N-VA divisée sur l’attitude à adopter ?

La peur du vide

En poste depuis 15 ans, Bart De Wever a présenté sa démission au soir du scrutin. Elle fut refusée. Mais l’homme entend visiblement prendre le temps d’appréhender toutes les conséquences du vote du 26 mai.

Indifférent par le passé de ce qui se négociait au fédéral, se souciant prioritairement de la Flandre, le président de la N-VA renie sa stratégie et attend de voir clair au fédéral. Et sur ce point, il risque d’attendre !

Même s’il a rencontré tout le monde, il n’a jusqu’ici négocié qu’avec l’extrême-droite… ce qu’il s’était toujours refusé à faire.

La reconduction de la coalition sortante ne serait qu’une alliance de battus comme celle qui rassemblerait N-VA/Open VLD/SP.A avec un seul de siège de majorité. Bart De Wever entend-il donner des gages au Vlaams Belang, qui s’impatiente ?

Pendant ce temps, la N-VA tente de faire diversion en reportant ses propres atermoiements sur les autres formations ! Un classique de la formation nationaliste : accuser " l’autre " pour masquer ses tourments et ses ambiguïtés.

 

@PhWalkowiak

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