Didier Reynders, l'art de la chute

En cas d’échec, il faut se rappeler Confucius : "La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute". Didier Reynders est donc un homme auréolé de gloire. Car il a beaucoup chuté. Didier Reynders a été candidat à tout. Ou presque. Et y a cru à chaque fois, ou presque. Au début des années 2000, les affiches “Votre Bourgmestre” placardaient les rues de Liège. Un échec qui, à l’époque, vient à peine gâcher sa réussite. Il devient président du MR, poste qu’il cumule avec celui de vice-Premier ministre. Puis en 2007, c’est LA victoire électorale. A la Nicolas Sarkozy, style droite décomplexée. La première vraie victoire des bleus depuis longtemps. Le MR passe devant les socialistes à la Chambre. Didier Reynders est plus puissant que jamais. Il peut caresser son rêve de devenir Premier ministre d’un gouvernement de centre droit en plus. C’est l’aventure de l’orange bleue, les négociations qui s’embourbent à Val Duchesse… Et avec elles, les rêves du 16 rue de la Loi.

Le début des ennuis

Vient la troisième chute. Les élections de 2009 marquent un recul pour le MR. Une conjuration s’organise dans son parti. C’est l’affaire renaissance. Il est éjecté de la présidence du Mouvement Réformateur par le clan Michel. En 2012 puisque la ville Liège ne lui sourit toujours pas, il déménage à Bruxelles. Il est candidat déclaré Ministre-Président, quasi candidat bourgmestre d’Uccle. Sans lendemain…

En 2014, c’est la quatrième chute. Il est candidat à un poste de commissaire européen. Grâce à la Suédoise et ses liens avec la N-VA, il touche du doigt une vraie consécration. Et puis vient la nuit du 4 septembre. L’amère nuit du 4 septembre. Les présidents de partis de la Suédoise se voient alors pour discuter de la répartition des postes ministériels.

Bart De Wever annonce que la N-VA ne veut pas du poste de Premier. Et là surprise, Wouter Beke annonce que le CD&V ne veut pas non plus du poste de Premier ministre. Kris Peeters est humilié. Les chrétiens-démocrates préfèrent un poste de commissaire européen pour Marianne Thijssen. Là, c’est Didier Reynders qui déchante. D’après certaines sources, il aurait réclamé alors le poste de Premier ministre qui revenait au MR, et là Charles Michel a tranché, pour lui. Didier Reynders n’aura que le poste de Ministre des Affaires étrangères.

La nuit des illusions perdues

La désillusion est d’autant plus cruelle que ce gouvernement de centre droit avec la N-VA, il a personnellement et patiemment contribué à le rendre possible. Finalement, c’est son principal rival, son ennemi libéral qui pondra comme un coucou ses œufs dans le nid que lui avait construit.

De cette nuit du 4 septembre, Kris Peeters ne s’est jamais relevé. Après l’effondrement de son parti aux communales à Anvers, il a décidé de quitter la politique belge en étant élu au Parlement européen. Didier Reynders, l’autre victime du 4 septembre, a lui raté sa sortie. En habitué de la chute, il saura se relever. Et pourquoi pas rebondir. Si Charles Michel est nommé à un haut poste européen dans les prochains jours, il y aura de la place au soleil. Et puis, il y aura toujours Confucius : “Exige beaucoup de toi-même et attends peu des autres. Ainsi beaucoup d’ennuis te seront épargnés.”

 

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