"D'incessantes insinuations crapuleuses", Didier Reynders blessé par le Kazakhgate

Longtemps, Didier Reynders a observé le silence. Le temps en tout cas — 16 mois quand même — des travaux de la commission d'enquête parlementaire sur le kazakhgate. Ce soir, la Chambre a voté le rapport de la commission, un rapport qui divise toujours majorité et opposition. Malgré les conclusions du rapport, dans les rangs de l'opposition, certains continuent à penser que le ministre des Affaires étrangères a joué un rôle dans la naturalisation de trois hommes d'affaires kazakhs pour le compte de l'hôte de l'Elysée de l'époque, Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui que les travaux de la commission sont terminés, Didier Reynders regrette qu'il soit toujours l'objet d'"insinuations crapuleuses".

"Je me suis exprimé sous serment devant la commission parlementaire, mais il faut croire que c'est dans l'air du temps d'essayer de me nuire". Le ténor réformateur déplore aussi les ravages de ces "insinuations" sur son entourage."C'est déjà dur de le vivre soi-même. On ne trouve rien lors des travaux, il n'y a aucune preuve,  mais cela n'arrête pas pour autant les insinuations. J'ai aussi une famille, des enfants, une femme, des petits-enfants.... Ce n'est pas facile à vivre de voir revenir sans cesse toutes ces insinuations...."

Sans les nommer, Didier Reynders fustige "ces individus qui pensent pouvoir s'ériger ainsi en procureur", allusions aux charges dont il a fait l'objet de la part de certains députés, notamment Ecolo. "On ne peut pas s'autoriser ce genre de comportement comme certains parlementaires l'ont fait simplement parce que l'on cherche à se faire de l'audience".

Ambiance à Mons

Autre enceinte, autres éclats de voix. Dans la fédération montoise du MR, rien ne va plus entre Jacqueline Galant, la présidente, et le trublion local, Georges-Louis Bouchez (G-L.B). Lors du dernier conseil communal montois, G-L.B est intervenu bruyamment pour insinuer que la jeune femme qui prêtait serment ce soir là était pistonnée. Après la passe d'armes avec le mayeur Elio Di Rupo, G-L.B s'est fait recadrer par la présidente de la Fédé qui n'a guère apprécié l'épisode. Didier Reynders juge que si "la procédure n'a pas bien été suivie au conseil communal de Mons, ça a n'en a pas moins dérapé". "Il faut ramener le débat sur le fond et faire baisser la tension à Mons...."

Pas de palme pour Ken Loach

Didier Reynders est également revenu sur la polémique liée à l'attribution par l'ULB de l'honoris causa au cinéaste britannique Ken Loach. Pour mémoire, mercredi soir, Charles Michel en a rajouté une couche. Lors d'un discours dans le cadre des 70 ans de la fondation de l'état d'Israël, le Premier ministre a fait état de sa désapprobation sur cette attribution controversée. Entre l’ULB et Charles Michel,  Didier Reynders choisit de décerner la palme d'or "aux victimes de la Shoah". "On ne doit accepter aucun accommodement avec l'antisémitisme". Le ministres des affaires a encore ajouté que le Premier ministre a eu raison de s'exprimer là-dessus. "Je répète aucun accommodement avec l'antisémitisme. J'espère qu'après cette polémique, Ken Loach s'exprimera plus clairement..."

Peterbos, joue-là comme à Molenbeek

On a beaucoup parlé ces derniers jours d’un quartier difficile, la cité du Peterbos à Anderlecht, où il y a eu des violences. Le secrétaire d'Etat, Theo Francken (N-VA),  a twitté: “Des jeunes arabes et des pierres, trois petits points.” Pour Didier Reynders, ce ne sont pas des mots justes. Mais s'il ne partage pas le style N-VA en matière de communication, Didier Reynders partage sa vision de la sécurité, en particulier à Bruxelles. "Il y a eu des violences graves au Peterbos, du trafic de drogue, je pense que pour rétablir la situation, il faudrait y appliquer ce qu'on a initié avec le ministre Jambon à Molenbeek".

Selon Didier Reynders, la N-VA reste en tout cas un partenaire potentiel de choix à Bruxelles en cas de victoire du MR aux prochaines régionales. L'attelage, estime-t-il, a déjà fait ses preuves, et si les urnes lui sont favorables, Didier Reynders se verrait bien à la tête de la Région bruxelloise. "Avec la N-VA, au niveau fédéral, on travaille efficacement sur la sécurité, la migration, la fiscalité..."

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