Di Rupo Ier: les Verts sont disponibles, l'Open Vld reste inflexible

Alors que certains tentaient déjà de deviner la date officielle de la mise sur pied du gouvernement Di Rupo Ier, les négociations semblent soudain patiner sur le volet "judiciaire" du chapitre BHV. Si l’euphorie des premiers accords s’est évanouie, les représentants des partis autour de la table ont appelé ce dimanche midi sur le plateau de Mise au Point à ne pas "mettre de l’huile sur le feu".

"L’esprit d’équipe qu’Elio Di Rupo a réussi à créer avec les partenaires reste bon", souligne le socialiste Paul Magnette. "L’espoir est toujours que dans les quelques jours qui viennent, on résolve ça comme on a résolu le reste."

"L’ambiance est un petit peu plombée en ce moment", concède Olivier Deleuze (Ecolo), "mais c’était pire il y a quelques semaines. Je pense qu’un accord viendra et ce n’est pas mauvais de fixer les détails même si ça prend un certain temps. Parce qu’au plus on est précis dans les détails, au moins on aura d’ennuis après."

Ecolo et Olivier Deleuze veulent en être

Les Verts, justement, pourraient ne pas se retrouver dans la future coalition. Certains, côté flamand (CD&V et Open Vld), estiment en effet que les priorités d’Ecolo et de Groen! sont trop éloignées de leurs propres objectifs, notamment sur les chapitres socio-économiques.

"Pour le socio-économique, on n’a pas besoin d’une grande majorité, on a besoin de stabilité et de choix clairs", indique la députée Gwendolyn Rutten (Open Vld) qui plaide ouvertement pour un gouvernement composé de six partis : "Il faut que nous ayons une politique qui soit là pour les années à venir. Si on est trop à la table et si les choix qu’on fait ne sont pas assez clairs, on va se retrouver dans les disputes dans le gouvernement."

Après avoir affirmé ne pas vouloir se débarasser des Verts pour constituer un gouvernement "de droite", la députée libérale explique pourquoi les Ecologistes ne doivent pas, selon elle, faire partie du prochain gouvernement. "Je vais donner trois exemples, trois domaines extrêmement importants : pensions, allocations de chômage et migration. Il faut d’abord rendre le recours aux prépensions progressivement plus difficile. Deux, il faut limiter les allocations de chômage dans le temps, vers un système plus dégressif que maintenant. Trois, au niveau du débat sur la migration, nous avons trouvé au sein du parlement un accord avec le PS, avec d’autres partis. Mais Ecolo et Groen! n’étaient pas d’accord. Pour moi pourtant, c’est clair, ce sont les choix à faire."

"Ce que nous voulons, c’est faire partie de ce gouvernement", martèle Olivier Deleuze, rejoint en ce point par le président de Groen!, Wouter Van Besien. "C’est clair que je n’ai pas les mêmes thèses socio-économiques que madame Rutten, que le Vld ou que le MR. Mais vous savez, sur les thèmes institutionnels, entre Flamands et francophones, on n’avait pas du tout les mêmes options." Et s’adressant directement à Gwendolyn Rutten : "Vous avez 13 députés à la Chambre, c’est comme Ecolo/Groen!"

L'impôt sur la fortune divise

Avec ou sans les Verts, le prochain gouvernement devra trouver plusieurs milliards. Mais où ? Une fois encore, l’opposition Flamands-francophones disparaît pour faire place au bon vieux clivage gauche-droite.

Selon un récent sondage, une majorité des citoyens serait favorable à la création d’un impôt sur la fortune. "Le résultat final serait négatif pour deux raisons : cela requiert une administration gigantesque et il y a une certaine mobilité dans les fonds", estime Rudi Thomaes, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique.

Pour Paul Magnette, cette taxation du patrimoine, si elle ne constitue pas une "solution miracle", n’est pas à écarter. "L’impôt sur la fortune, c’est une source parmi d’autres. (…) C’est une contribution de crise qui n’est pas énorme."

Au nom de la CSC, Claude Rolin se dit également favorable à cette taxation des plus riches. "Il semble que ce soit impossible d’avoir une fiscalité particulière sur les fortunes. Il semble que ce soit impossible de réduire les ultra-bonus exorbitants que certains managers ont. Par contre, réduire les pensions des travailleurs salariés, réduire les petites allocations sociales, les petites allocations de chômage, toucher aux malades, ça semble être possible."

En face d’eux, Sabine Laruelle (MR) rappelle que la Suède, qui avait adopté cet impôt sur la fortune, a abandonné le système. "Parce que les capitaux sont mobiles", indique-t-elle. "Par contre, que l’on puisse regarder, dans un ensemble, comment on fait pour rendre les prépensions moins attractives, comment on fait pour que les revenus des capitaux puissent peut-être participer plus à l’effort…, à tout cela, nous sommes ouverts."

Les mêmes camps s’affrontent ensuite sur la réforme du système d’allocations de chômage, le ton montant nettement lors de la passe d’armes entre Paul Magnette (PS) et Gwendolyn Rutten (Open Vld).

"Et on rappelle que ces deux-là, PS et Open Vld, vont devoir négocier à partir de la semaine prochaine", glisse le présentateur Olivier Maroy.

L'esprit d'équipe, mentionné en début d'émission, n'est déjà plus qu'un souvenir. Et le gouvernement Di Rupo Ier semble soudain très éloigné.

PIAB

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