Deux mois après le scrutin : où en est-on ? (Face B)

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

En Communauté Germanophone, et petite surprise, en région bruxelloise, les institutions fonctionnent donc correctement. Ailleurs, l’expectative prévaut.

Flandre, Wallonie et Fédération Wallonie-Bruxelles ont d’ores et déjà battu leur propre record de lenteur à la formation d’un gouvernement. Le fédéral est sur les bases de son record du monde (541 jours), sachant qu’il n’y a plus de gouvernement belge en plein exercice depuis le 21 décembre, jour de la chute de l’équipe Michel, soit 217 jours déjà !

Deux mois plus tard…

Au soir du 26 mai, la constitution d’une majorité fédérale s’annonçait ardue, voire impossible. Deux mois plus tard, la constitution d’une nouvelle coalition n’a toujours pas commencé. Deux informateurs ont été désignés par le Palais. Le citoyen est savamment tenu à l’écart du travail (?) de messieurs Vande Lanotte et Reynders. La démocratie belge est ainsi faite, le citoyen se limite à voter et ensuite ce sont les partis politiques qui font leur popote dans leur coin. Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver une des raisons du désamour entre le citoyen et sa classe politique.

Les deux informateurs remettront un rapport, leur mission est condamnée à se poursuivre puisqu’on est nulle part ou presque. La seule question de l’heure semble désormais de savoir si PS et N-VA vont s’adresser la parole ; le contenu de ces putatives discussions n’importe même plus. Les deux formations n’ont eu de cesse de répéter qu’elles n’ont rien en commun, ce qui est plutôt sain en démocratie. Vouloir qu’elles se mettent d’accord (sur quoi ?) serait contre nature et invoquer l’ "intérêt supérieur du pays" quand on sait que les nationalistes de Bart De Wever veulent justement la fin de ce pays, fait doucement sourire.

Les prochaines semaines, les prochains mois ne seront donc que vanité et incantations au niveau fédéral.

Même les régions et communautés

Contrairement à la Wallonie et la Communauté Française©, la majorité sortante à la Communauté Flamande existe toujours. Pourtant, Bart De Wever, formateur, en a décidé autrement. Le président de la N-VA a même renoncé à deux principes auxquels il était toujours resté attaché : en négociant exclusivement avec l’extrême-droite d’une part et en attendant de voir ce qui se passe au fédéral avant de former la coalition flamande d’autre part.

Il garde ainsi la pression sur tous les autres partis flamands, qui n’osent déplaire à l’ogre anversois, comme l’Open VLD lors des négociations bruxelloises.

Après avoir naïvement tenté de semer le coquelicot sur un sol wallon inapproprié, PS et ECOLO discutent à présent avec le MR, en se pinçant un peu moins le nez qu’au départ.

ECOLO n’est pas indispensable et certains au PS commence à le rappeler comme d’autres au MR y songent. En Wallonie, cela se met toutefois progressivement en place et la seule incertitude reste finalement de savoir si ECOLO embarquera bien avec MR et PS.

Ce dernier doit aussi digérer quelques couleuvres. Après avoir prôné l’installation de majorités de gauche, Elio Di Rupo et Paul Magnette se retrouvent à devoir négocier avec Charles Michel en Wallonie et en Communauté et contraint à faire risette à Bart De Wever au fédéral !

La base risque de grincer et le PTB (en vacances) en sourit déjà.

 

@PhWalkowiak

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