Des syndicats à rebrousse-poil

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le 1er mai est souvent politique, il a été essentiellement social cette année. Pas de passes d’armes entre Baudour (d’où Elio Di Rupo intervient depuis plus de 15 ans) et Jodoigne où s’expriment les présidents du MR successifs.

Pour les deux présidents, le 1er mai en mode 2016 s’est voulu con-s-truc-tif !

Automne sécuritaire

Le gouvernement fédéral s’était rapidement heurté dès son entrée en fonction, à une véritable fronde sociale. Finalement, grèves à répétition, manifestations monstres et actions diverses auront contribués à resserrer les liens entre les partenaires de la coalition inédite, penchant à droite et très flamande. Pension à 67 ans, saut d’index, hausse de la TVA sur l’électricité, économies budgétaires… le gouvernement Michel n’aura guère dévié de sa feuille de route. Les syndicats ont été mis en échec, les patrons ne tarissent pas d’éloges. La concertation sociale a été réduite à sa plus simple expression. L’actualité des attentats aura finalement relégué au second plan les dossiers sociaux.

Pourtant, ces mêmes attentats auront aussi ravivé la grogne sociale dans les secteurs de la sécurité : policiers, militaires, gardiens de prisons, acteurs de la Justice n’ont eu de cesse de rappeler poliment leurs manques de moyens respectifs, l’état de déliquescence de leur secteur. Un comble pour un gouvernement qui avait fait de la sécurité un de ses chevaux de bataille, il était en flagrant délit de contradiction. Il a fallu dare-dare trouver d’autres moyens,  dans un contexte budgétaire toujours difficile.

Printemps syndical

Et c’est finalement au détour d’un énième ajustement budgétaire que le gouvernement fédéral a lancé sa grande réforme du travail, un peu comme si celle-ci était la conséquence de celui-là. Kris Peeters, qui porte le projet avait promis la concertation, et comme pour d’autres projets antérieurs, la marge de concertation paraît bien ténue à l’inverse des vivats du camp patronal. Il n’en fallait pas plus pour relancer des syndicats, par ailleurs en pleine campagne électorale sociale.

Depuis le succès de la grande manifestation nationale du 7 octobre 2015 et ses 100.000 participants, l’action sociale s’était étiolée face à l’actualité d’une part mais aussi devant le peu de résultats obtenus d’autre part.

Le projet Peeters aura contribué à redynamiser les actions sociales. Reste à voir si le front commun parviendra à colmater les failles apparues depuis plus d’an. Si la FGTB wallonne se retrouve à nouveau seule dans l’action, 2016 serait alors une nouvelle année positive pour Charles Michel et les siens.

@PhWalkowiak

 

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