Des ministres en campagne, avant tout

Philippe Walkowiak
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Philippe Walkowiak - © RTBF

Alors que le PS lance sa campagne par un congrès dimanche, que les partis anversois rivalisent pour attirer l’électorat juif ou que le MR pose les axes de sa stratégie électorale de 2019, il devient de plus en plus difficile de faire croire que nous ne sommes pas en campagne.

Gouvernements perturbés

Dans la plupart des exécutifs, on vous répète que le scrutin du 14 octobre est purement local, ne porte que sur des problématiques de proximité, un égouttage qui fuit, une route mal entretenue… tout au plus.

Rien n’est plus faux.

Au kern fédéral, sur cinq ministres, trois sont bourgmestres (Michel, De Croo, Jambon) ; un, tête de liste (Peeters défiant De Wever à Anvers). Sur les 18 excellences fédérales, 14 sont directement impliqués dans la campagne des communales (en étant souvent bourgmestre ou échevin sortant). Tous auront bien entendu à cœur de démontrer leur popularité à l’aune de leur travail ministériel par rapport à leur score personnel de 2012. Chacun sait que c’est ça que l’on observera le soir du 14 octobre. Donc, tous feront activement campagne, délaissant de facto le travail gouvernemental.

La même réflexion vaut bien entendu pour les exécutifs régionaux et communautaire : en Wallonie, tous les ministres seront candidats avec un match inédit Collin-Borsus à Marche-en-Famenne, en Fédération Wallonie-Bruxelles, tous sont également candidats, à Bruxelles, six sur huit sont candidats !

Tout ce petit monde ne pouvant se permettre un revers de popularité, ils s’impliqueront prioritairement dans les communales et les gouvernements tourneront au ralenti.

Cumul, spécialité locale

Même si la Wallonie a entrepris une marche arrière, la Belgique reste une terre de cumuls. C’est devenu une exception en Europe. En Flandre, la question d’un éventuel décumul ne se pose même pas !

Elio Di Rupo a ainsi été le premier chef de gouvernement belge (2011-2014) à être en même temps bourgmestre, inédit depuis 1831 !  Charles Michel l’a imité mais il semble hésiter à poursuivre l’expérience.

S’ouvre en effet une séquence électorale XXL où on enchaînera Communales/Provinciales en octobre et Européennes/Régionales/Fédérales en mai 2019.

Pour toutes les formations, il est clair qu’un bon résultat à l’automne constitue la base idéale pour un succès au printemps.

Il faut donc mobiliser toutes les forces. Les ministres seront de plus en plus souvent chez eux.

 

@PhWalkowiak

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