Des élèves d'une école flamande voulaient "en finir avec tous les étrangers"

L'information, dévoilée ce lundi dans les médias flamands, a beaucoup fait réagir ces derniers jours : des élèves d’une école de Bruges menaçaient de mener une attaque contre les étrangers de leur établissement. 

Tout a commencé lorsque qu’un conseiller de l’Athénée royal technique de Bruges a entendu l’un des élèves tenir des propos haineux. Le jeune homme avait déclaré qu’il fallait "en finir avec tous les étrangers de ce pays". Alors que la direction l’avait invité à s’expliquer, il a fini par avouer qu’il participait à des discussions dans un groupe fermé sur Facebook avec d’autres de ses camarades, âgés de 17 et 18 ans.

Dans ce groupe, on retrouve des messages racistes et fascistes. On y découvre aussi des photos d’armes de guerre, et d’un élève portant une tenue militaire, et annonçant être "prêt pour le combat". Pire encore: le groupe menaçait de perpétrer un attentat contre la classe dite OKAN, une classe qui, dans cet établissement, accueille les nouveaux arrivants non-néerlandophones. Parmi eux, donc, des réfugiés, qui grâce à ce système, bénéficient d’un encadrement spécial pour améliorer leur néerlandais, et rattraper leur retard. 

Réaction de l’école

L'école a fait appel à la police qui a interrogé les jeunes concernés. Une perquisition a également été menée chez le jeune homme qui s’affichait arme à la main, une arme qui appartenait légalement à son père, puisque ce dernier possédait un permis de détention. Le parquet a pour sa part ouvert une enquête, mais il estime qu’il s’agit probablement de faits d’"adolescents jouant aux durs à cuire".

La direction de l’école aussi a quelque peu minimisé les faits en soulignant que ce cas était isolé, puisqu’il concerne 5 jeunes sur un établissement de 1700 élèves. D’après le conseiller qui a découvert les agissements du groupe, ce genre de comportement touche aussi d’autres écoles en Flandre. Pour lui, l’Athénée de Bruges a au moins eu le mérite de ne pas avoir fermé les yeux, et d’avoir assumé ses responsabilités. 

Sanctions

Les élèves ont été sanctionnés par leur école. La direction a décidé de les suspendre, temporairement du moins, et de façon préventive. Côté judiciaire, le parquet a fait savoir qu’il n’y avait pas eu d’arrestation ni de comparution devant un juge de la jeunesse.

Sur Twitter, des voix se sont levées pour dénoncer le manque de sévérité des sanctions. Il faut dire qu’il y a quelques mois encore, la Flandre découvrait avec stupeur les agissements secrets de Schild & Vrienden, mené par des jeunes d’extrême droite. Le groupe demeure aujourd’hui très actif. Il fait d’ailleurs partie des initiateurs de la "marche contre le Pacte sur les migrations", à laquelle le Vlaams Belang participera aussi.

Face au risque d’une montée du populisme chez les plus jeunes, l’enseignement flamand va sans doute devoir s’armer d’outils pédagogiques pour freiner la propagation de ces idéologies, et éviter que l’un de ces "durs à cuire" ne passe un jour à l’acte.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK