Des élections en novembre, les caisses vides

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La pandémie recule, la crise politique revient. Le citoyen a presque oublié qu’il n’y a plus de véritable gouvernement depuis le 21 décembre 2018. La Belgique s’apprête à affronter sa pire crise budgétaire depuis la Guerre avec un budget fédéral concocté et adopté à l’automne… 2017 ! Le tout sans gouvernement disposant à cette heure d’une majorité en ce sens : l’équipe Wilmès 2 n’a reçu la confiance que pour gérer la crise liée au coronavirus.

La N-VA ou le chaos ou le chaos avec la N-VA ?

Ce gouvernement Wilmès 2 dispose d’une double date de péremption : le 27 juin pour les pouvoirs spéciaux, mi-septembre pour la confiance des députés.

Depuis le début, le calendrier se trouve balisé. Il n’en reste pas moins que le contrecoup économique et social de la pandémie nécessite un gouvernement fédéral de plein exercice, apte à effectuer des choix politiques comme l’on fait les gouvernements régionaux et communautaires.

Des négociations ont repris. Menées par les deux présidents socialistes. Conclusion lapidaire de Paul Magnette : soit une coalition avec la N-VA, soit des élections à l’automne. Le président du PS voit même l’actuelle Première mener les éventuelles négociations. Chiche ?

Des élections au milieu du gouffre budgétaire

Paul Magnette insiste : la N-VA ne peut à la fois souhaiter une alliance avec le PS et ignorer le programme de celui-ci. L’inverse est tout aussi vrai. Il faudra passer le cap du bureau de parti qui a déjà fait exploser un premier rapprochement en mars dernier. Avec une FGTB un peu plus rouge et meurtrie, la tâche s’annonce ardue (euphémisme).

De plus, dans cette très hypothétique perspective, les socialistes ne voudront sans doute pas apparaître comme un simple appoint de la coalition Michel sortante.

Avec la N-VA et le MR déjà à bord, les socialistes peuvent faire valoir que l’Open VLD n’est plus nécessaire arithmétiquement, voire exiger une présence écologiste, histoire de se prémunir à gauche.

Mais tous ces beaux calculs ne font pas une politique cohérente dans un pays en déshérence budgétaire : 10% du PIB, aux alentours de 50 milliards de déficit public !

L’impossibilité de s’accorder sur une coalition ET un programme ramènerait ce petit monde aux urnes. Qui en prendra la responsabilité ? Ou coup de bluff socialiste ? L’équation demeure la même depuis des mois.

En effet, s’il n’y a pas de successeur à Wilmès 2 à la mi-septembre que restera-t-il comme perspective de demander aux citoyens de "mieux voter" 40 jours plus tard ? Un dimanche de novembre.

Avec tous les risques que cela comporte.

Danse funeste autour du cratère budgétaire pour un pays devenu ingérable.

 

@PhWalkowiak

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