Des communales très fédérales et régionales

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

C’est couru d’avance…

Dimanche soir, si les résultats sont plutôt mauvais, on vous dira que ce n’est qu’un scrutin purement local, avec des enjeux locaux et que cela ne préfigure de rien pour la suite tandis que s’ils sont plutôt bons, ce sera le début d’une vague rouge/jaune/orange/bleue/verte/… qui bientôt submergera tout le pays.

En fait, chacun joue plus ou moins gros. Petit passage en revue.

Gagné d’avance

PTB et DéFI peuvent déjà préparer leur communiqué de victoire. Non pas que les jeux soient truqués mais en présentant beaucoup plus de candidats qu’en 2012, ils ne peuvent que prospérer.

Il reste à voir dans quelle proportion et surtout si DéFI intègre des majorités en Wallonie ou si manifestement, le PTB a une réelle " capacité de nuisance " à l’égard du PS au point de lui faire perdre des majorités.

Dans le même registre, l’antipolitisme ambiant pourrait nourrir les scores de La Droite et surtout du Parti Populaire présent dans 48 communes en Wallonie pour 10 seulement en 2012. Le PP devrait logiquement augmenter sa représentation.

Rendez-vous pour la suite

Ecolo serait sans doute tout heureux de garder ses 6 bourgmestres (cinq wallons et un bruxellois), d’accroître sa représentation (notamment en Brabant Wallon et dans le Namurois) mais aussi d’entrer dans les collèges de grandes villes autre que Namur.

Comme pour les autres formations, il s’agit de créer une dynamique dans la perspective du scrutin multiple du 26 mai 2019.

Au cdH, la logique pourrait toutefois être tout autre. Les Démocrates-Humanistes sont généralement annoncés en petite forme… ce qui sera difficilement mesurable dimanche dans la mesure où il n’y aura que … 24 listes intitulées cdH sur les 262 communes wallonnes ! Il y en avait encore 69 en 2012 et 82 en 2006. C’est dire si l’étiquette paraît encombrante pour nombre d’élus locaux ! Le cdH semble en mesure de garder Namur et Mouscron, ses plus gros bastions wallons et Benoît Lutgen devra assurer dans son fief bastognard. Le cdH doit aussi pouvoir rester cette force d’appoint pour le PS ou le MR suivant les lieux et donc franchir un certain seuil.

Le scrutin est ambivalent pour le MR, tiraillé entre implantation locale et ses participations gouvernementales. En Wallonie, les libéraux ne dirigent aucune grande ville (la plus grande, c’est Braine-l’Alleud, 39.000 habitants) et à Bruxelles, ils ne peuvent pas se permettre de perdre Molenbeek. Il reste également à voir si les tensions au niveau fédéral et wallon déteindront sur les coalitions. Cela ne devrait pas être le cas. Enfin, les libéraux devront capitaliser sur les deux scrutins de dimanche, avant d’affronter une campagne où rapidement le MR risque d’être seul contre tous.

A son plus bas niveau historique dans les sondages, le parti socialiste devra pour la première fois depuis la fin des années ‘50 regarder attentivement sur sa gauche. Le PTB ne se présente certes que dans 16 communes wallonnes et 7 bruxelloises, mais à chaque fois face à un PS bien implanté. Les socialistes ont certes généralement une sérieuse marge de sécurité et de nombreuses majorités absolues dans les deux provinces wallonnes les plus peuplées. Un recul sévère dans ses bastions handicaperait sérieusement la prochaine campagne qu’Elio Di Rupo compte bien emmener.

Mais bien entendu, il ne s’agit que d’un scrutin local…

 

@PhWalkowiak

 

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