Députés à 30 ans: quelles sont leurs motivations?

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coucou - © MAXIME ASSELBERGHS - BELGA

Ils ont à peine 30 ans et entrent dans des parlements. Mais qu'est-ce qui pousse notre jeunesse à se lancer en politique ? Quels sont les projets de ces deux nouveaux élus ?

Parmi eux, Anouk Vandevoorde, 30 ans, élue namuroise PTB au Parlement wallon et institutrice primaire, et Samuel Cogolati, 30 ans également, élu fédéral de Écolo de Huy et chercheur.

 « Soit on reste spectateur, soit on devient un véritable acteur du changement »

A titre personnel, la confirmation de leur élection est avant tout un moment fort. « C'était évidemment une excellente nouvelle. Même si on s'y attendait, ça reste un pari pendant tout le temps de la campagne. Et quand ça s'est confirmé, on a évidemment fêté ça avec tous les militants et les sympathisants qui ont aidé dans la campagne », explique Anouk Vandevoorde.

Pour Samuel Cogolati, c'est évidemment aussi une satisfaction. « Extrêmement ravi puisque je me suis engagé à l'âge de 14 ans chez Écolo en politique. Donc, c'est vrai que là, à l'âge de 30 ans, pouvoir passer de la parole aux actes en étant élu au Parlement fédéral, c'est évidemment magnifique ».

Les deux nouveaux élus précisent que s'ils se sont engagés si jeunes en politique, c'est avant tout pour changer les choses. « À un moment donné, soit on reste spectateur, on regarde le train passer et on regarde toutes les injustices sociales et environnementales, soit on décide de se lancer et de devenir un véritable acteur du changement en s'engageant dans un mouvement comme Écolo », précise Samuel Cogolati.

Même constat pour Anouk Vandevoorde qui va devoir mettre son métier d'enseignante de côté. « Je pense que depuis que je suis toute petite, j'ai une sensibilité pour les injustices et les inégalités que je vois autour de moi. Je me souviens déjà en primaire, je faisais des conférences sur le travail des enfants, les enfants soldats. Mais mon engagement politique a vraiment commencé en même temps que mes études d'institutrice primaire face au constat que notre enseignement en Belgique francophone est vraiment malade. Et quand je dis malade, je pèse mes mots ».

Elle ajoute : « On vit dans un système où l'enseignement crée tellement d'échecs ; c'est 60% des jeunes qui ont redoublé au moins une fois dans leur vie d'enseignement francophone. Pour moi, le rôle de l'école est justement de faire réussir et de faire apprendre, et quand on constate que plus d'un jeune sur deux échoue, c'est qu'il y a un vrai problème. Et c'est pour ça que je me suis engagée en politique, c'est parce que je pense que le problème de l'école, on ne le résoudra pas simplement au sein de l'école. Parce que l'école est le reflet de la société, et si on ne s'engage pas pour changer cette société, on n'arrivera pas à changer l'école ».

Pas de carrière en politique

Anouk Vandevoorde rajoute que la comparaison effectuée par certains partis entre l'extrême droite et l'extrême gauche est tout à fait hors de propos et inacceptable. « La première chose, c'est que le PTB n'est pas un parti extrémiste, mais un parti de gauche authentique (...) Mais il y a aussi une autre chose qui nous différencie fondamentalement, c'est que l'extrême droite veut diviser les gens, véhicule le racisme, la haine de l'autre pour vraiment monter les gens les uns contre les autres et, de cette manière, protéger l'establishment, alors que le PTB, c'est tout l'inverse. On veut unir, on veut rassembler les travailleurs pour montrer les vrais responsables, qui, selon nous, sont les millionnaires, les banquiers et les grands actionnaires ».

Les deux jeunes élus s'accordent enfin sur le fait qu'ils n'ont pas l'intention de faire carrière. « Pour moi, c'est véritablement une passion, c'est faire avancer mes idées, faire avancer les valeurs écologiques, un meilleur bien-être pour la population et c'est un projet collectif qu'on mène ensemble avec toute une équipe de militants, de candidats et d'autres élus », précise Samuel Cogolati.  « Tout comme Samuel, je suis aussi engagée depuis près de 10 ans au PTB sur le terrain, à mener la lutte au quotidien, et l'engagement ne se limite pas du tout à un mandat ou à un poste », conclue Anouk Vandevoorde.

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