Déconfinement : reprise des négociations gouvernementales

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Cela fera peut-être une thèse de doctorat ou un Courrier du Crisp : De l’influence de l’épidémie Covid-19 sur la formation du gouvernement Machin !

Les élections législatives ont eu lieu le dimanche 26 mai 2019 ; un an plus tard, il n’y a toujours pas de véritable gouvernement fédéral disposant d’un programme étayé par un budget dûment voté par une majorité de députés de la Chambre. A ce niveau, la Belgique est même formellement en affaires courantes depuis le 21 décembre 2018, jour où le roi Philippe a accepté la démission de Charles Michel et de son gouvernement devenu minoritaire suite à la défection de son principal protagoniste : la N-VA.

Que veut Bart De Wever ?

Dès après les élections, le président de la N-VA exprimait deux exclusives : contre le PS et Ecolo. Exclusives que Bart De Wever reformule régulièrement tout en souhaitant… discuter avec le PS. L’envie de confédéralisme demeurerait-elle la plus forte ?

Après avoir espéré une mission royale qui n’est jamais venue l’automne dernier, le bourgmestre d’Anvers n’a pas pu s’empêcher de remettre le couvert et de négocier avec Paul Magnette (qui lui aussi jurait le contraire) juste avant le confinement du pays, à la mi-mars. L’impossible mariage PS-N-VA aurait alors semblé à portée de main.

Vivement éconduit, aigri à ce moment, tout cela n’empêche pas le leader nationaliste d’évoquer à nouveau un rapprochement avec les socialistes.

Au point que des négociations en vue de former un gouvernement fédéral reprennent corps. Je te veux, moi non plus

Jusqu’où ira Paul Magnette ?

La famille socialiste, la première en sièges à la Chambre, a repris la main dans les coulisses. Un gouvernement de plein exercice à défaut d’être pleinement légitimé, occupe le devant d’une scène encombrée par la gestion de la crise sanitaire.

De moins en moins discrètement, les coulisses s’activent. Le jeune et nouveau président du sp.a, Conner Rousseau joue les entremetteurs. Il jouit paraît-il, de la confiance de Bart De Wever et tient par ailleurs à ce que la famille socialiste entière se retrouve dans la prochaine coalition.

Bart De Wever et Paul Magnette se sont vus récemment. Une première après que le second a dû faire volte-face et dénoncer un accord avec les nationalistes sous la pression de ses cadres. Les consultations vont se poursuivre et la (toujours mais pour très peu de temps) présidente libérale Gwendolyne Rutten en appelle à un socle socialiste-libéral pour constituer la prochaine majorité fédérale. Paul Magnette compte mener en parallèle un vaste plan de relance d’une part et d’autre part, jeter les bases du prochain gouvernement. Au MR, le président Bouchez ne l’entend pas de cette oreille et demande un nouveau gouvernement qui assumera ensuite le plan de relance indispensable.

Les jours de Wilmès 2 sont-ils pour autant comptés ? Le Covid-19 va-t-il contribuer à faire réussir ce qui n’a pas pu fonctionner jusqu’ici ?

Prudence et circonspection…

 

@PhWalkowiak