De Wever, premier président de Flandre

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Quand la N-VA parle de confédéralisme, c’est finalement un peu comme quand le PS évoque la Sécurité Sociale, le MR les indépendants, le cdH l’enseignement libre, Ecolo le climat : un point de passage rhétorique obligé.

Sauf que cette fois, Bart De Wever a surpris lors de son discours de Nouvel An aux militants. Alors que depuis plus d’un an, le discours des nationalistes demeure essentiellement identitaire et anti-PS, la N-VA retrouve ses fondamentaux historiques vers l’indépendance flamande ! Charles Michel a même été plus épinglé qu’Elio Di Rupo.

Grand écart

Bart De Wever a donc sorti le communautaire du congélateur dans lequel il l’avait placé il y a quatre ans, même si à travers certaines politiques fédérales, la Flandre n’a pas été oubliée sous cette législature. Celle-ci conserve cependant un goût de " trop peu " pour des nationalistes qui gardent à l’esprit l’indépendance de leur région.

Le président de la N-VA a ainsi rendu un long hommage aux indépendantistes catalans et singulièrement à Oriol Junqueras, vice-président du gouvernement catalan, aujourd’hui emprisonné pour le simple fait d’avoir organisé le referendum. Oriol Junqueras est aussi un homme de gauche, bien loin de partager les thèses migratoires de la N-VA.

A la N-VA, on semble avoir renoncé (provisoirement ?) à la surenchère avec le Vlaams Belang sur ce sujet. Avec l’incorporation de Dries Van Langenhove, le Belang pousse le bouchon de l’extrémisme encore plus loin et la N-VA n’entend pas se laisser entraîner sur ce terrain.

Retour donc au discours nationaliste originel, en faveur d’une Flandre qui défend son identité mais ouverte sur le monde, Bart De Wever mettant en exergue les femmes d’origine étrangère qui viennent de rejoindre son parti.

Vers le confédéralisme

Bart De Wever repart donc en croisade confédéraliste… terme poli pour marquer sa soif inassouvie d’indépendance. La Flandre sauce N-VA entend se débarrasser du carcan belge. Nouvelle ambition du bourgmestre d’Anvers : devenir le prochain ministre-président flamand , celui qui emmènera la lutte pour le confédéralisme.

Ce dernier reste toutefois très incertain voire même tout à fait improbable. Pour ce faire, il faut d’abord réviser la Constitution. Avec un gouvernement minoritaire démissionnaire, la probabilité de se mettre d’accord sur une liste d’articles à réviser est très faible et personne n’a envie de faire plaisir à la N-VA. De plus, quand bien même une liste existerait-elle, il faudrait trouver une majorité des 2/3 pour et 50% dans chaque groupe linguistique pour voter une hypothétique 7ème Réforme de l’Etat. Avec une N-VA à 30% des intentions de vote en Flandre et MR et PS entre 20 et 25% en Wallonie, cela devient tout aussi improbable. La N-VA est isolée, elle devra trouver des alliés, même pour hisser Bart De Wever au poste de ministre-président flamand. Enfin, il reste à connaître les nouvelles revendications communautaires. A part la Sécurité Sociale, il ne reste plus grand-chose à scinder.

En agissant de la sorte, Bart De Wever fait du scrutin du 26 mai un vaste referendum sur l’autonomie/indépendance de la Flandre. Et le docu-fiction de la RTBF, Bye bye Belgium a aussi suggéré qu’il y avait d’autres voies qu’une révision de la Constitution. Beaucoup plus aventureuses …

 

@PhWalkowiak

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