De Wever-Magnette : cinq jours pour convaincre

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Samedi prochain, deux préformateurs retrouvent le chef de l’État et d’ici là, "le Roi leur a demandé de réunir au plus vite les présidents de partis pouvant offrir une large assise à la formation d’un gouvernement", pour reprendre les termes du Palais. Des présidents de parti autour d’une même table. Et vite.

Le choix de De Wever

Bart De Wever et Paul Magnette ont dessiné les contours d’un accord qui réunirait ainsi les partis démocratiques les plus antinomiques de l’échiquier belge. Autant dire qu’il ne restera que très peu de places pour les touches personnelles des uns et des autres. C’est sans doute le prix d’un gouvernement rapide et espérons-le, efficace et déterminé face à la pandémie et ses conséquences économiques et sociales. Et même si on est en Belgique, il en résultera également une septième réforme de l’Etat.

Bart De Wever a choisi sa "bulle de cinq" comme il le dit. Les libéraux n’en font pas partie et le président de la N-VA a posé un quasi-veto à la présence du MR de Georges-Louis Bouchez.

Le bourgmestre d’Anvers peut avoir la rancune tenace. Demandez à Kris Peeters, qui avait osé se dresser contre lui lors des communales à Anvers. Ostracisé.

Puisque l’Open VLD version Egbert Lachaert, a lié son sort à celui du MR, tant pis pour lui. Et place donc à nouveau à l’inconcevable : la main tendue de la N-VA à Ecolo.

L’incertitude écologiste

Bart De Wever serait donc en passe de renier ses engagements : "Mijn enige echte veto dat reëel is, is tegen PS en Ecolo". Par les temps qui courent, il ne serait ni le premier ni le seul. Le PS a fait de même et Ecolo ne voulait même pas s’asseoir à la même table ! Et on ne reviendra pas sur le choix cdH de l’opposition pour la législature ni sur le MR, sauce Michel.

Toutefois, il reste à démontrer que l’option verte ne constitue simplement pas une démarche tactique, afin de rabaisser les prétentions libérales. Mais il se dit que Bart De Wever a la dent dure et que la perspective de voir le MR privé subitement de 7 ministres après plus de 20 ans au fédéral, en remettant même le poste de commissaire européen de Didier Reynders en balance, le fait réfléchir. Tout cela ferait également sourire le PS, qui éviterait de cette manière, un gouvernement trop à droite.

Pures spéculations à ce stade.

Chez Ecolo, les coprésidents Nollet et Maouane ne décideront pas seul. Ils doivent au préalable recevoir un mandat de leurs instances qui se sont toujours opposées à ce que le parti négocie avec les nationalistes.

A ce stade, évidemment beaucoup de bluff. Chacun s’épie. Verra-t-on Bart De Wever encenser Georges-Louis Bouchez ou jeter les bases d’un gouvernement où Theo Francken et Zakia Khattabi siégeraient potentiellement dans le même kern ?

Réponse chez le Roi samedi, après avoir les présidents concernés autour d’une même table. Vraiment ?

 

@PhWalkowiak

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