De Wever-Magnette : 50 jours pour l'impossible

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Jeudi 17 septembre 2020, nouvel horizon politique.

Ce jour-là, séance plénière à la Chambre. Sophie Wilmès s’est engagée à demander à nouveau la confiance en son gouvernement. Confiance reçue le 19 mars dernier, par la " grâce " du Covid-19, son gouvernement n’étant représenté à la Chambre que par 38 députés sur 150.

Condition de cette confiance à renouveler : la perspective d’une nouvelle coalition et donc d’un autre gouvernement. Mission royale confiée aux deux leaders des deux communautés : Bart De Wever et Paul Magnette. Déjà un signe précurseur du confédéralisme qui vient, diront les mauvaises langues.

Meilleurs ennemis

Depuis plusieurs années, les deux formations se sont constituées en " meilleur adversaire " de l’autre. Facile. Chacun ne se présentant que dans un seul collège électoral, il était facile de charger " l’autre ", l’électeur n’ayant finalement à ne départager personne. Pratique.

La législature 2014-18 a changé la donne. Selon les uns, le MR en reniant les Francophones, pour s’allier aux nationalistes ou selon les autres, le PS en poussant les libéraux dans les bras de la N-VA, ont modifié le paradigme. Quoi qu’il en soit, les trois ont enregistré une dégelée électorale.

Depuis les élections, Bart De Wever n’a eu de cesse de répéter qu’il était prêt à discuter avec le PS, tout en l’insultant et si le confédéralisme figure au menu. Le PS restera campé sur le No Pasaran et en connaîtra quelques dissensions internes.

Et puis vinrent les millions…

Mais plus tant que ça

Après les élections de mai 2019, les perspectives budgétaires et donc politiques, se résumaient à de nouveaux milliards d’économies. Gauche et droite s’affrontaient logiquement mais les résultats électoraux rendaient impossible tant une coalition de gauche qu’une coalition de droite. Pour PS ou N-VA, meurtris par une défaite électorale, impossible de devoir assumer la politique de l’autre. Impasse. Jusqu’à ce que l’Europe décorsète le carcan budgétaire. Des millions en dépenses sociales rendus possibles, une latitude budgétaire, le Parti Socialiste ne pouvait se permettre de rester au balcon. Discrètement, alors qu’une triplette de présidents, autodésignés préformateurs, occupait le devant de la scène, PS et N-VA ont retissé des liens, établi des têtes de chapitres entre action sociale et réforme des institutions. Rien de décidé ni même véritablement négocié mais le secret entretenu par les nouveaux comparses indiquerait qu’il y a bel et bien une volonté d’aboutir.

Royal Label

Le même jour, le chef de l’État, absent de toute opération en vue de former un gouvernement depuis quatre mois, effectuait dans son discours de fête nationale, ce constat : Pour réussir le gigantesque défi de la relance, chacun de nous est indispensable. Pour mobiliser toutes nos forces, nous avons besoin d’une trajectoire clairement définie. Le pays tout entier réclame maintenant un gouvernement résolu et stable. Et juste après, confie une mission officielle à Bart De Wever et Paul Magnette. La première en 2020. 421 jours après les élections.

Les deux présidents restent prudentissimes. Les contours d’un futur accord de gouvernement se situeront autour d’un plan de relance économique et sociale mais aussi sur une redéfinition du fonctionnement des institutions. Passer au-delà des rancœurs, des griefs et des rivalités.

Cinquante jours pour réussir ou entériner la fin des illusions.

 

@PhWalkowiak

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