De Wever, la contre-offensive de Noël

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

 

Bart De Wever entend reprendre pied et retrouver ce leadership non seulement sur la classe politique flamande au nord du pays mais aussi sur l’ensemble de l’agenda politique du pays. Le président de la N-VA a souvent donné le ton, contraignant ses adversaires à se positionner continuellement par rapport à ses déclarations et ses positions. Depuis les élections de mai, Bart De Wever est souvent paru à contretemps, hésitant sur les choix à poser. A présent, la N-VA entend sortir la tête de l’eau.

Mauvais score, mauvais sondage

Le 26 mai, la N-VA est restée premier parti de la Chambre et de Flandre. Mais une large part de son électorat a filé (est retourné ?) vers le Vlaams Belang, désormais deuxième parti flamand et vainqueur politique de ce scrutin que la N-VA avait placé sur le terrain de la migration et du confédéralisme. L’original avait une nouvelle fois convaincu plus que la copie, d’autant que les mesures " sociales " du Belang (pension à 1500€, allocations, etc.) venaient contredire le bilan économique de la N-VA.

De plus, Bart De Wever allait couronner le parti d’extrême-droite en faisant son interlocuteur unique une large partie de l’été. Le président de la N-VA avait perdu le fil des négociations tant au niveau fédéral qu’en Flandre. Theo Francken, tenant de la ligne dure prônant la rupture du cordon sanitaire et seul cadre du parti à ne pas avoir perdu le scrutin, triomphait. Le président de la N-VA (désormais le plus ancien en fonction de tout le pays) a perdu la main.

Le dernier sondage plaçant la N-VA loin derrière le Belang achève de corroborer l’ensemble.

Magnette

Le Palais avait chargé le président du PS d’une mission d’information, dont le principal intéressé dépassa largement le cadre, aboutissant quasiment à un texte, base potentielle d’un début de négociation, appuyée le cas échéant par une majorité de députés. Panique à l’hôtel de ville d’Anvers. Bart De Wever n’avait plus que l’insulte et la menace comme ligne de défense : contre les passifs wallons ou ces libéraux complices, traîtres à la Flandre. Le président de la N-VA demande à présent de mener mission, ce que le Palais lui refuse, mandant MR et CD & V de re-re-re-déblayer le terrain.

Bart De Wever a vu les deux nouveaux informateurs. Il balaie désormais toute potentialité de coalition arc-en-ciel/paars-groen, malgré les différences d’approche au MR.

Il en appelle à nouveau à ce que la prochaine coalition fédérale dispose d’une majorité en Flandre (ce qui est légitime et rend son parti incontournable). Il reste toujours à Bart De Wever prouver qu’il est capable de former une coalition majoritaire dans les DEUX communautés (puisqu’il le souhaite). L’expédition Coens-Bouchez pourra-t-elle lui servir d’opération préparatoire ou le blocage du pays reste-t-il son option favorite et la plus en phase avec les aspirations originelles de son parti ?

Bart De Wever repart à l’assaut et n’entend pas se laisser mettre de côté.

Sur quels alliés peut-il compter ?

 

@PhWalkowiak

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