De Sciensano aux sites d'infos en passant par… Sydney : comment les chiffres du Covid arrivent jusqu'à vous

De Sciensano aux sites d’info en passant par… Sydney : comment les chiffres du Covid arrivent jusqu’à vous
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De Sciensano aux sites d’info en passant par… Sydney : comment les chiffres du Covid arrivent jusqu’à vous - © Tous droits réservés

Mercredi 24 février, 5h55, mon réveil sonne. Je me lève pour m’installer face à mon ordinateur. Une tasse de café attrapée sur le chemin, me voilà prêt à affronter une journée d’actualité sur le web. C’est fou, depuis que le télétravail est devenu la règle, mon trajet vers la rédaction est devenu nettement plus court que dans le "monde d’avant".

Ce jour-là, je suis "desk matin", un poste que nous effectuons à tour de rôle au sein de l’équipe web. Sur le coup de 6h, je suis le premier à me connecter au site RTBF Info pour le mettre à jour avec l'actualité de la nuit.

J’allume la radio et je me plonge dans le fil des dépêches. Pendant la nuit, une vingtaine de textes écrits par les agences Belga et AFP sont arrivés dans le système. A moi de les trier, de choisir ceux qui me semblent les plus intéressants en évitant les doublons avec ce qui a été fait les jours précédents, de les enrichir avec des liens, de les compléter avec des informations RTBF. Par exemple en ajoutant une interview collectée par mes collègues de la radio.


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Mais depuis quelques mois, sauf urgence, la première dépêche que je consulte, c’est celle rédigée par Belga avec les chiffres du Coronavirus. Je regarde en parallèle ce qu’on appelle entre nous "le dashboard de Sciensano", le site officiel qui rassemble tous les chiffres mis à jour quotidiennement.

Un comparatif entre les deux… ça va, tout a l’air cohérent. Je vais reprendre le texte de Belga et ajouter quelques détails ainsi que des liens. J’ajoute une photo à mon article, je passe le correcteur orthographique et je clique sur "publier". Enfin, je n’oublie pas de glisser tous ces chiffres dans un fichier Excel qui nous sert pour calculer les choses différemment et repérer de nouvelles tendances dans les courbes.

Bon qu’est-ce que j’ai ensuite ? Ah voilà, alors, "Joe Biden, le président des Etats-Unis…"

7h30, mon collègue Xavier Lambert vient de se connecter. Il est éditeur du site RTBF. be/info. Son rôle c’est de coordonner la rédaction web, de répartir les sujets, de les relire, de les retitrer si nécessaire et de les mettre en page.

Depuis quelques mois, Xavier a une passion : les chiffres du Covid qu’il scrute au jour le jour. Et ce matin-là, ça ne rate pas. Il m’envoie un message : "La moyenne des hospitalisations monte encore, ça vaudrait le coup de le préciser dans ton article. Si tu veux je regarde ça en arrivant à la rédaction."

Chiffres en baisse, pas en hausse

Nous sommes plusieurs deskeurs à utiliser la dépêche Belga comme base pour cet article. Problème : il arrive que l’agence se trompe… et que d’autres lui emboîtent le pas. C’était par exemple le cas ce lundi 8 mars. La dépêche chiffres du jour annonce sur le coup de 5h48 qu’"il y a eu en moyenne 145,1 admissions à l’hôpital par jour pour cause de coronavirus, soit une augmentation de 3% par rapport à la période de référence précédente".

Sauf que… c’était l’inverse. Le dashboard de Sciensano indique une baisse de 3%. Résultat : plusieurs sites d’infos, dont la RTBF, sont tombés dans le panneau et ont repris la Belga sans corriger l’erreur. Notons que RTL.be a évité cet écueil en rédigeant son propre texte.

Heureusement, Xavier veillait. Il a signalé le problème à Belga. L’agence s’est empressée de faire un correctif envoyé aux rédactions peu de temps après la première dépêche. "Veuillez noter que le nombre d’admissions à l’hôpital est en baisse de 3%, pas en augmentation. Voici la version corrigée", peut-on lire dans l’outil Belgabox qui permet aux journalistes de suivre l’actualité minute par minute.

L’erreur a donc été rectifiée sur notre site. Nos confrères ont fait de même. "Pan sur le bec", comme on dirait dans "Le Canard enchaîné". Malgré tout, il faut bien le reconnaître, ça fait parfois désordre. Au sein de notre rédaction, ce rendez-vous est un peu la bête noire de certains, moi le premier. Mais difficile de passer à côté.

Les chiffres de fréquentation de notre site le prouvent : cette information est très consultée par nos internautes le matin, surtout quand la tendance à la hausse ou à la baisse est forte. Certains sont aussi très attentifs – à raison – sur l’exactitude des chiffres et ne manquent pas de nous écrire pour nous signaler des erreurs ou pointer des incohérences dans les courbes de Sciensano.

Une réflexion a eu lieu au sein de la rédaction web pour construire cet article différemment. Depuis la mi-mars, notre site présente les chiffres sous forme de liste, avec quelques explications pour mieux comprendre le sens de chaque indicateur. En fonction de la situation, l'équipe web rédige aussi des sujet pour détailler ces chiffres bruts et expliquer leur évolution. Notre objectif, c'est bien celui-là : offrir des clés de compréhension au public, lui permettre de mieux comprendre ce qui se passe dans les graphiques.


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Belga, l’assurance de ne rien louper

Qui écrit cette dépêche que tout le monde reprend parfois telle quelle ? D’abord il faut préciser une chose : Belga c’est une agence de presse composée d’une centaine de journalistes qui écrivent en français et en néerlandais. Tous les jours, 24 heures sur 24, ils rédigent des articles courts que les médias abonnés à l’agence sont libres de reprendre tels quels sur leur site internet. Ils peuvent aussi les retitrer, les compléter, les adapter…

A la RTBF, ces dépêches enrichissent les journaux radio et servent parfois de base pour les sujets au journal télévisé. Sur le web nous en publions certaines avec, en guise de signature, la mention "Belga" ou en y ajoutant notre nom selon qu’un travail complémentaire a été fait ou pas.

L’agence Belga permet donc aux rédactions d’avoir une vue d’ensemble sur l’actualité. Les agenciers rédigent aussi l’agenda des événements à ne pas manquer pendant la journée. C’est notre filet de sécurité, l’assurance de ne rien louper.


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Depuis quelques mois, Belga envoie quotidiennement une dépêche pour faire l’état des lieux de l’épidémie de Covid en Belgique. "Le principe, c’est donner une dépêche très brute le matin avec les chiffres. On s’est rendu compte que les médias avaient besoin de ça puisqu’ils les reprennent, nous explique Christian Neyt, rédacteur en chef adjoint à l’agence Belga. S’ils reprennent nos dépêches, c’est parce qu’ils les trouvent utiles. Donc pourquoi arrêter quelque chose qui est rentré dans les habitudes des médias ?"

Cette tâche quotidienne, elle est la plupart du temps effectuée… à l’autre bout du monde. En Australie, à Sydney plus précisément. Depuis plusieurs années, Belga y a délocalisé une partie de ses journalistes. La crise sanitaire a un peu modifié les choses. La majorité des employés a été rapatriée. En ce moment, une seule agencière travaille là-bas. Quand il fait nuit en Belgique, elle alimente le fil de dépêches pour les médias clients de l’agence, repère des informations dans la presse écrite et, en fin de service, se plonge dans le dashboard de Sciensano.

De cette façon, les médias qui commencent tôt le matin ont des informations toutes fraîches et bien triée pour démarrer leur journée. Et ce quel que soit le domaine de l’actualité belge ou internationale. Le week-end, ce travail de nuit est effectué depuis Bruxelles.

"On a dû la coacher à plusieurs reprises à distance là-dessus, ce qui n’est pas évident. Sans oublier que les chiffres ont été présentés différemment, il y a eu des adaptations", poursuit Christian Neyt.

Sciensano, de l’ombre à la lumière

Sciensano a en effet changé plusieurs fois de méthode en cours de route, sans toujours communiquer clairement ces évolutions. Il faut dire qu’au départ la tâche était immense et inédite. La Belgique n’avait jamais été confrontée à une telle crise sanitaire.

Les spécialistes de cet organisme officiel, plutôt habitués à travailler dans l’ombre, se sont donc retrouvés au centre de l’actualité. "Dès qu’on changeait la moindre virgule de quoi que ce soit, c’était l’avalanche de critiques, de remise en question", se souvient Sophie Quoilin, cheffe de service d’épidémiologie des maladies infectieuses chez Sciensano.


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Cette docteure en médecine détaille alors l’immense travail confié aux équipes de ce qu’on appelait par le passé l’Institut de Santé publique. Leur rôle : compiler et analyser des chiffres venus des quatre coins du pays. "Tous les jours, les hôpitaux ont l’obligation de nous transmettre le nombre d’hospitalisés, de nouvelles admissions, de patients en soins intensifs, sous ventilateur…", énumère-t-elle.

Et ce n’est qu’une infime partie des sources récoltées par Sciensano. Il y a aussi le nombre de tests effectués par les laboratoires, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 recensés… et depuis quelques semaines des données sur la campagne de vaccination.

Accéder aux données… toutes les données ?

Toutes ces données sont compilées tous les jours dans un bulletin épidémiologique accessible en ligne. Une fois par semaine, les épidémiologistes de Sciensano vont un peu plus loin avec un bilan plus complet rempli d’informations détaillées dans différents domaines en fonction de ce qu’ils trouvent pertinent.

En quelques mois, ces experts sont passés d’un système "extrêmement instable" ("On recevait autant de fichiers différents que de laboratoires", décrit Sophie Quoilin en se remémorant les premières semaines de la crise) à une série de chiffres bruts publiés dans différents formats que n’importe qui peut reprendre pour faire ses propres graphiques.

Ce volet "open data" n'est pas apparu directement. Accusée de faire de la rétention d’informations, Sciensano a fini par entendre l’appel lancé par les chercheurs intéressés par le virus SARS-CoV-2. "La communauté scientifique n’a pas actuellement accès aux données brutes concernant le covid-19. C’est un problème majeur qui nous retarde dans les réponses qui peuvent être données à cette épidémie. Il faut d’urgence passer en open data comme le font l’Italie et la France", dénonçait ainsi Marius Gilbert le 24 mars 2020.

Un an plus tard, certains spécialistes aimeraient que davantage de données soient en accès libre. Sciensano ne répond pas toujours positivement à leurs demandes.


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Mais revenons aux médias. Après la première vague, une tradition semble s’être installée. Que le temps soit calme ou agité sur le front de l’épidémie, la RTBF communique les chiffres tous les jours dans un article dédié. Son titre commence presque toujours par "Coronavirus en Belgique ce…" suivi de la date. On compte à ce jour environ 300 papiers avec une telle titraille sur notre site.

La "tyrannie du chiffre quotidien"

Christian Neyt insiste : chacun son rôle par rapport à cette information. "En tant qu’agence de presse, on fait le début de l’info, des dépêches assez courtes, précises, concises, sourcées. Si le média estime que c’est suffisant, il va la publier telle quelle. S’il estime que l’idée n’est pas mauvaise ou que l’info peut les intéresser, il peut développer en commentant, en interviewant des spécialistes. Nous, on fait uniquement le succinct. Ici c’est clairement ça."

Ne gagnerait-on pas à communiquer autour des chiffres du Covid uniquement quand il y a des éléments qui se dégagent ? Renseignement pris auprès de confrères, la question se pose dans les rédactions. "On doit sortir de cette tyrannie du chiffre quotidien parce qu’il n’y a plus personne qui peut entendre ça", milite Sophie Quoilin. Ce qui n’empêche évidemment pas Sciensano de faire son travail de collecte et d’analyse quotidien.

Mais, insiste l’épidémiologiste, l’essentiel dans cette crise sanitaire, c’est d’observer des "tendances". On sent que ce mot, qu’elle appuie au moment de le prononcer, est important chez Sciensano. La phrase "suivre l’évolution d’une telle épidémie se fait sur base de tendances" a d’ailleurs longtemps figuré en exergue des bulletins épidémiologiques.

Sophie Quoilin nuance malgré tout : "Au début de l’épidémie, c’est clair qu’il faut bien donner des chiffres tous les jours, parce que c’est nouveau, parce que l’épidémie est en recrudescence, parce qu’il y a des mesures qui doivent être prises et qu’il faut que les gens comprennent pourquoi on prend de telles mesures."

"Doser pour que les chiffres restent une information"

Analyser les chiffres quand l’actualité le nécessite et sortir de cette logique quotidienne, c’est aussi le souhait de Xavier Counasse, journaliste pour Le Soir. Cet ingénieur de formation s’est pris de passion pour les chiffres pendant la première vague et il n’a pas arrêté depuis. "Je suis convaincu qu’on ne doit plus commenter chaque jour les chiffres du Covid, affirme-t-il. On doit doser pour que les chiffres restent une information."

Toutes rédactions confondues, le but est d’aller plus loin que les chiffres bruts. "On relaye la dépêche Belga le matin dès l’arrivée du journaliste vers 6h30. Généralement, on n’y touche pas avant 8h30-9h parce que le journaliste est seul jusqu’à ce moment-là", détaille Jonas Legge, rédacteur en chef de LaLibre.be.

Ensuite, poursuit Jonas Legge, "quand l’équipe est renforcée, on se plonge dans les rapports et on voit en fonction de ce qui y figure si on peut adapter la dépêche. S’il y a des éléments, des aspects supplémentaires qui méritent d’être précisés, on y ajoute parfois aussi une interprétation de la rédaction".

L'importance de contextualiser

Même chose pour nos confrères du journal L’Avenir, comme l’explique Thomas Bernard, journaliste pour le quotidien régional. "Chaque matin, quand un journaliste reprend le Belga avec les derniers chiffres, on y ajoute aussi un graphique qui fait un zoom plus spécifique sur l’évolution des chiffres des cinq dernières semaines."

Pour Thomas Bernard, "c’est essentiel de contextualiser, avec du texte et des explications, les chiffres qui tombent chaque jour. Je pense qu’on fait encore au minimum un ou deux grands papiers 'décryptage' des chiffres chaque semaine".

Cartes et graphiques

Chez Sudpresse aussi, on publie la fameuse dépêche Belga peu après 6h30. "C’est la personne qui arrive le matin qui commence par cette dépêche-là parce que tout le monde la sort très vite", rapporte Antoine Themelin, responsable des sites du groupe Sudpresse.

En plus de ça, tout comme la RTBF le faisait pendant la première vague, Sudinfo.be propose aussi une carte avec le nombre de contaminations par communes. Une habitude prise au début de la crise et qui continue encore aujourd’hui.

C’est bien l’autre versant des chiffres Covid sur le web : les graphiques interactifs. Depuis mars 2020, des journalistes se sont pris de passion pour des outils comme Datawrapper, Infogr.am ou encore Flourish. Ils ont trouvé là une manière de mettre en perspective un sujet complexe qui pèse sur le moral de toute la population. "C’est une thématique qui passionne les journalistes", confirme Jonas Legge.

A la RTBF, on essaye de "comprendre à fond"

Xavier Counasse estime avoir consacré "des centaines d'heures" au sujet. "Au début, il y avait plein de choses qu’on ne comprenait pas. Dans les premières semaines, il fallait tout apprendre : la meilleure façon de présenter les chiffres, ceux sur lesquels il fallait se focaliser…" Le journaliste du Soir note que "les gens qui se sont jetés dans le truc et qui ont essayé de faire un travail, d’amener quelque chose pour faire parler les chiffres, ça a été plutôt bien reçu et c’était utile à faire."

Quant à Xavier Lambert, son intérêt pour le sujet s'est renforcé quand Sciensano a commencé à communiquer en mettant en avant des moyennes glissantes sur sept jours plutôt que des chiffres en 24 heures. "On ne comprenait pas toujours. Et là on a essayé de comprendre à fond", se rappelle le journaliste et éditeur pour RTBF Info.

Xavier Lambert, qui "aime analyser des graphiques et détecter des tendances", évoque aussi "ces déclarations pour dire qu’on était parmi ceux qui testaient le plus ou qu’on maîtrisait mieux l’épidémie qu’ailleurs". Il fallait objectiver tout ça. "Quand j’ai découvert le site 'Our World In Data' [qui rassemble les chiffres de la maladie dans de nombreux pays, NDLR], je me suis dit que c’était intéressant parce qu’on pouvait faire des comparaisons."

Automatiser certaines tâches

Si, à LaLibre, chez Sudpresse ou au Soir l’actualisation des graphiques se fait en partie à la main, d’autres ont automatisé le processus. C’est le cas de la RTBF dans un article à retrouver en cliquant ici, mais aussi de L’Avenir. "C’est l’horreur à automatiser parce que certains fichiers deviennent gigantesques et ultra-lourds… je ne compte plus les heures perdues à faire que tout fonctionne", sourit Thomas Bernard.

L’épidémie de Covid-19 a d’ailleurs focalisé l’attention des rédactions web sur un segment : celui du datajournalisme. "Cette crise sanitaire est aussi l’occasion de mettre la 'data' au centre des rédactions et c’est une très bonne chose, car les défis liés à l’analyse de données sont gigantesques dans le contexte d’une société et d’une économie qui se numérisent à vitesse grand V", remarque Nicolas Becquet, responsable du développement numérique de L’Echo.


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Cela fera bientôt un an que Sciensano a commencé la publication quotidienne en "open data" d'une partie de ses données épidémiologiques sur le Covid. En marge de cette ouverture partielle, des critiques, notamment venues du monde scientifique, n’ont pas manqué d’émerger sur la manière dont l’Institut gérait sa part de la crise. Côté journalistes aussi, nous avons décortiqué la logique derrière les changements dans les choix de communication de l'Institution.

"Sciensano est une institution composée de scientifiques de haut niveau", réagit Sophie Quoilin. Elle plaide pour que, à l’avenir, le service pour lequel elle travaille "construise une relation de confiance et d'échange" avec les médias.

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