De confinement en confinement, où est la sortie ?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Gros coup sur la cafetière ! Confinement reste le mot à ne pas prononcer mais on en est bel et bien là. Après avoir rouvert quelques métiers de contact, après avoir donné des perspectives pour plus tard sans rien décider pour aujourd’hui, après avoir tergiversé lors du comité de concertation de vendredi dernier, nos six gouvernements se retrouvent au pied du mur et acculés à prendre dans l’urgence des mesures qu’ils ne voulaient pas prendre il y a peu.

L’échec des mesures

Puisqu’un nouveau train de mesures s’impose, cela signifie bel et bien que les décisions prises lors des derniers comités de concertation n’ont pas suffi.

Certes, cette fois, la Belgique ne figure plus dans le peloton de tête des pays frappés par l’épidémie. A la réouverture des salons de coiffure (et autres) le 13 février succède donc une refermeture pour un mois. Le choc est rude. Surtout pour ceux qui en avaient fait un argument de stratégie politique.

De même, si la Belgique figure parmi les rares pays à avoir tenu à garder leurs écoles ouvertes, coûte que coûte, il faut bien constater que le blocage sur ce sujet lors du comité de concertation de vendredi dernier tenait plus de l’entêtement que de l’analyse objective de la situation sanitaire. D’ailleurs, cet entêtement a suscité une vive réaction des enseignants, lassés d’être malmenés, variables d’ajustement de grands équilibres socio-économiques.

Enfin, ce dernier comité de Concertation consacre la faillite de l’obligation du télétravail, répété comme un mantra depuis des mois, mais guère suivi d’effets.

Dans ces conditions, face à ces échecs cumulés, un lockdown qui ne veut pas dire son nom, pour un mois (!), constitue la seule échappatoire.

L’échec de la vaccination

Le Premier Ministre, comme les autres chefs des gouvernements de ce pays, est resté plus que discret sur les perspectives ! On ne parle plus de la réouverture de l’Horeca dès le 1er mai, même si on ne la reporte pas (encore ?) explicitement. Pas un mot sur la Culture. Comme à chaque fois.

Alexander De Croo se borne à : "Notre objectif reste de passer un été l’esprit plus léger. Et c’est à portée de main", en espérant la vaccination : "Le chemin que nous prendrons les semaines à venir dépendra de deux choses : de notre comportement et de la livraison et de l’injection des vaccins". Pas un mot sur une accélération, une rapide extension à d’autres catégories de la population ou sur ces centres obligés de fermer, faute de munitions.

La vaccination demeure trop lente et les gouvernements se limitent à le constater, à le déplorer ou à tenter de réglementer les doses excédentaires. Où est le plan d’action ?

En présentant ce nouveau mois de confinement comme une simple "pause de Pâques", Alexander De Croo ne leurre finalement que lui-même. La lumière promise au bout du tunnel s’éloigne pour le citoyen qui finit par se demander si cette sortie n’est en définitive qu’un simple mirage.

 

@PhWalkowiak

 

Comité de concertation du 24/03/2021: nouvelles mesures

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